Il y a des nominations qui résonnent comme une provocation pouvant saper les fondements de notre pacte social. Le rôle de porte-parole du président de la République exige une autorité morale indiscutable et irréfutable. En effet, le message du Chef suprême devrait être transmis par une personne dont l’exemplarité ne souffre d’aucune contestation. Hélas, celui qui a en charge la communication officielle du «Patron» est loin de cocher toutes les cases. En témoignent ses sorties dans les médias, aussi malencontreuses que fâcheuses, qui ne font que noircir davantage son palmarès.
Sous ce rapport, comment comprendre qu’une parole jugée indigne de défendre un citoyen devant la Justice française puisse devenir légitime pour s’adresser au vaillant Peuple sénégalais ?
En d’autres termes, l’on se demande si des enquêtes de moralité sont faites avant le choix des différents collaborateurs du chef de l’Etat.
Cela est d’autant plus important que la voix de la Présidence ne devrait point porter le stigmate du manquement professionnel.
De façon plus précise, la fonction ne saurait être dissociée de l’intégrité personnelle.
Dès lors, l’on est en droit de s’inquiéter et de s’indigner que Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye puisse faire fi des exigences déontologiques en choisissant un porte-voix qui est sous le coup d’une sanction disciplinaire à Paris.
Partant, notre démarche procède d’un souci permanent de sanctuariser l’ensemble des institutions de la République.
Loin de nous l’idée de jeter l’opprobre sur une personne que nous avions engagée ou d’essayer de manifester une quelconque hostilité.
Rien de tout cela. Nous estimons juste que la parole publique doit demeurer le refuge de l’honneur, mais pas le point de chute des ambitions déchues.
Inutile de chercher midi à quatorze heures. Tout est clair comme de l’eau de roche. Nous nous prononçons en toute connaissance de cause.
Qui est l’actuel ministre conseiller, chargé de la communication du Palais présidentiel ?
Un Sénégalais bon teint, bien sûr. A-t-il le droit, bien sûr que oui ?
Mais, est-il vraiment crédible et fiable ?
C’est la question qui mérite d’être posée. Pour l’instant, nous nous gardons d’entrer dans les détails. L’occasion se présentera un jour, In Sha Allah.
Toutefois, nous ne pouvons passer sous silence la vérité des faits. C’est pour dire, sans ambages, que le porte-parole du président de la République du Sénégal est un avocat non exerçant depuis près de deux ans.
Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Tout simplement qu’il a été omis des listes des avocats de Paris et empêché de plaider devant les barreaux en France. De ce fait, les Sénégalais doivent savoir qu’on a nommé au palais de la République du Sénégal un homme interdit d’exercer en France pour une faute professionnelle majeure. Nous en avons les preuves et, sans aucun doute, nous les exposerons dans une galerie à ciel ouvert. Dans tous les cas, le passif éthique qu’il traîne aurait dû être pris en compte, mais dommage, au Sénégal, la moralité publique semble être un concept à géométrie variable.
Cela ne devrait pas étonner quand on voit la légèreté avec laquelle les nominations sont faites. Bref, ce n’est un mystère pour personne que l’on privilégie la proximité à la compétence et à la probité.
Mohamed GASSAMA
