Le naufrage du Joola s’est produit dans la nuit du 26 septembre 2002 au large des côtes de la Gambie. Il assurait la liaison entre Ziguinchor et Dakar. Pris dans une tempête violente à environ 40 kilomètres des côtes, le bateau s’est totalement retourné en quelques minutes en raison d’une surcharge extrême, selon plusieurs témoins rescapés du naufrage.
Le bilan officiel fait état de 1863 morts et disparus, avec seulement 65 survivants, ce qui en fait l’une des plus grandes catastrophes maritimes civiles de l’histoire moderne.
En effet, l’intervention des secours officiels a pris un retard considérable, n’arrivant sur les lieux que plus de 16 à 18 heures après le chavirement. C’est énorme, inadmissible et incompréhensible, malgré toutes les explications.
Prévu pour transporter environ 530 à 550 passagers, Le Joola avait embarqué près de 2000 personnes ce soir-là.
Rappel des faits de Justice : dès le 7 août 2003, la Justice sénégalaise a prononcé le classement sans suite du dossier d’enquête. Le procureur de la République de Dakar a conclu que l’unique responsable de la tragédie était le commandant de bord du navire. Ce dernier ayant péri dans la catastrophe, les magistrats ont acté l’extinction de l’action publique. Cependant, cette décision fut vivement contestée. Les familles des victimes reprochent à l’Etat d’avoir ignoré d’autres défaillances majeures à l’origine du drame, telles que la surchloration criminelle des billets, le non-déclenchement du plan de secours et la lenteur extrême de l’intervention de l’Armée : les secours sont arrivés, selon les informations livrées par la presse, 18 heures après le chavirement.
Pour mieux comprendre : la surchloration criminelle des billets fait référence à un jargon frauduleux utilisé par les réseaux de faux-monnayeurs et d’escrocs, principalement associés à la célèbre arnaque aux billets noirs (ou technique du «wash-wash»).
Par ailleurs, les familles des 22 victimes de nationalité française ont saisi la Justice, notamment le Tribunal d’Evry, dès 2003.
En 2008, un juge d’instruction français a lancé neuf mandats d’arrêt internationaux contre de hauts responsables du gouvernement de l’époque dont l’ex-Première ministre Mame Madior Boye et l’ancien ministre des Forces armées Youba Sambou pour «homicides involontaires». Cependant, la Cour d’appel de Paris a annulé ces mandats en janvier 2010, invoquant l’immunité de juridiction des chefs de gouvernement et ministres dans l’exercice de leurs fonctions.
En 2014, le juge d’instruction français a rendu une ordonnance de non-lieu. A l’époque, les expertises menées en France ont pourtant bien mis en évidence de graves manquements : l’état de vétusté du navire, l’absence d’entretien et une surcharge extrême (près de 2000 passagers pour une capacité maximale autorisée de 536 à 580 personnes.
Malgré les recours des familles, la Cour de cassation française a définitivement validé ce non-lieu en 2018, estimant que les dispositions des traités internationaux et les immunités empêchaient de poursuivre les officiels sénégalais devant les tribunaux français.
Le 26 septembre 2024, un autre naufrage frappe le Sénégal. A la différence du naufrage du bateau Le Joola, celui-ci est d’ordre économique et est intentionnel, avec volonté de nuire à autrui.
Rappel des faits : le 26 septembre 2024, le Premier ministre d’alors, Ousmane Sonko, et Abdourahamane Sarr, ministre de l’Economie, ont révélé au Peuple sénégalais et au monde entier, l’existence d’une «dette cachée» et d’une manipulation des chiffres sur l’endettement public hérité du régime de Macky Sall, sans jamais apporter la preuve des allégations avancées.
Selon toujours le Premier ministre, à l’époque, il y a eu une dissimulation portant sur plusieurs milliers de milliards de francs Cfa entre 2019 et 2024. Les conséquences de cette déclaration irréfléchie et contre l’Etat du Sénégal entraîna ipso facto des conséquences désastreuses directes pour notre pays et pour les populations brutalement touchées dans leur chair.
Parmi les conséquences immédiates de cette déclaration tonitruante et clinquante, on peut citer :
la dégradation de la confiance des partenaires financiers ;
les tensions sur la notation souveraine du Sénégal ;
le gel de l’aide ;
le retard dans la validation des nouveaux programmes d’aide budgétaire internationale.
Le Fonds monétaire international (Fmi) a suspendu ses programmes au Sénégal avant de rouvrir des discussions, et parvenir à un accord technique.
Plus jamais ça ! Que Dieu nous en garde !
Vive le Sénégal !
Vive la République !
Baba Gallé DIALLO
babadediana@gmail.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicite