Une grande fluctuation de pression artérielle entre deux consultations est liée à la mortalité et aux accidents vasculaires cérébraux.
Lors d’une consultation, le médecin prend quasi à chaque fois la tension artérielle du patient. Si elle n’est pas élevée, il n’a pas forcément le réflexe de la comparer avec les mesures des rendez-vous précédents. Et c’est une vraie occasion manquée de repérer les personnes à risque, selon une nouvelle étude du centre médical universitaire d’Amsterdam présentée lors du congrès annuel de l’European Association for the Study of Diabetes (EASD), organisé à Milan entre le 28 septembre et le 2 octobre.
Les chercheurs ont découvert qu’une fluctuation importante de la pression artérielle entre deux rendez-vous est liée à un risque de mortalité et d’AVC accru.
Grande variation de la tension artérielle : jusqu’à 12 % plus de risque de faire un AVC
Pour cette étude, l’équipe a repris les dossiers de 57.611 personnes dont la tension artérielle a été mesurée lors d’une première consultation et au moins une fois ultérieurement. Leur âge moyen était de 55,4 ans et 52 % étaient des femmes. Parmi les volontaires, 5.397 souffraient de prédiabète (taux de glycémie supérieur à la normale, mais pas suffisamment élevé pour être classés comme diabète) et 1.470 étaient diabétiques.
Les scientifiques ont évalué les variations de la pression artérielle des participants entre les deux visites. Pendant le suivi qui était d’une durée médiane de 5,1 ans, 319 participants ont développé une démence, 571 ont subi un accident vasculaire cérébral et 1.460 sont décédés.
Les analyses ont montré qu’une grande variabilité de chacune des quatre mesures de la pression artérielle (pression artérielle systolique, pression artérielle diastolique, pression artérielle moyenne et pression différentielle) était associée à un risque accru de décès toutes causes confondues.
Dans le détail, chaque augmentation d’un écart-type de la variabilité de la pression artérielle systolique était associée à un risque de décès accru de 11 %. Quant à la pression artérielle diastolique, la hausse du risque était de 8 %.
Une fluctuation importante de la pression artérielle diastolique et de la pression artérielle moyenne était également liée à un risque aux accidents vasculaires cérébraux. La probabilité d’un accident vasculaire cérébral était respectivement de 12 % et 10 % plus élevée pour chaque augmentation d’un écart-type de la variabilité. « L’écart-type décrit la variabilité de la pression artérielle entre les participants. Ces pourcentages ne peuvent donc pas être directement traduits en une variation spécifique de la pression artérielle mesurée en mmHg », précisent les chercheurs dans leur communiqué.
L’hyperglycémie peut aggraver le risque
La glycémie semble aussi avoir un impact sur les risques liés aux variations du rythme cardiaque. Les personnes atteintes de diabète de type 2 et ayant une variabilité élevée de leur pression artérielle systolique étaient presque trois fois plus susceptibles (2,8 fois) de mourir par rapport aux volontaires ayant une glycémie et une tension normales. Les participants présentent un prédiabète et une forte variabilité de la pression artérielle systolique avaient un risque de décès supérieur de 62 % par rapport aux autres.
De plus, les chercheurs ont estimé que le risque de décès à 10 ans était d’environ 1,0 % chez les participants présentant une glycémie normale et une faible variabilité de la pression artérielle systolique, contre environ 2,9 % chez ceux atteints de diabète de type 2 et présentant une forte variabilité. « Nos résultats suggèrent que les variations de la pression artérielle au fil du temps peuvent fournir des informations allant au-delà des mesures moyennes de la pression artérielle effectuées dans le cadre des soins courants », précise l’auteure principale de l’étude Dr Fariba Ahmadizar.
