Deux logiques s’affrontent jeudi devant le TAS. Dans un article publié le 7 octobre 2026 dans Le Figaro, Frédéric De Monicault rappelle que la chambre d’appel doit trancher le litige né de la dernière finale de la Coupe d’Afrique des Nations, remportée sur le terrain par le Sénégal et attribuée au Maroc par la CAF sur tapis vert. C’est la Fédération sénégalaise de football qui a saisi le tribunal, contestant la décision du jury d’appel de la confédération.
Pour Rabat, l’affaire tient en deux articles. Selon l’avocat Charles-Stéphane Marchiani, associé chez KIMIA Avocats et spécialiste du droit du sport interrogé par Le Figaro, les articles 82 et 84 du règlement de la CAN sont clairs : une équipe qui quitte la pelouse sans autorisation de l’arbitre perd automatiquement le match sur le score de 3 à 0.
Les joueurs sénégalais reconnaissent avoir rejoint les vestiaires pour protester contre une décision arbitrale, mais font valoir qu’ils sont ensuite revenus sur le terrain. Leur défense ne s’appuie pas sur un article du règlement, précise le quotidien, mais sur l’idée de ce qui serait sportivement juste.
Malgré la solidité juridique de la position marocaine, Charles-Stéphane Marchiani refuse de désigner un favori. « Les jeux sont ouverts », affirme-t-il, ajoutant que ce n’est pas seulement parce que chaque camp dispose d’excellents avocats.
Trois arbitres ont été désignés. Le TAS mettra l’affaire en délibéré et devrait se prononcer dans un délai de quatre mois, soit début 2027, date à laquelle le nom du vainqueur de la CAN sera définitivement connu.
L’enjeu dépasse le cadre africain. Quelques semaines après la finale, rappelle Charles-Stéphane Marchiani, la FIFA a durci son règlement : tout joueur qui quitte le terrain pour protester contre une décision arbitrale s’expose désormais à une expulsion immédiate. Pour l’avocat, ce changement montre qu’un enjeu fondamental pour le football est en cause.
