La tension sociale reste vive à la cimenterie Ciments du Sahel, située à Kirène, près de Diass. Dans la soirée du jeudi 8 octobre 2026, aux environs de 22 heures, plusieurs travailleurs de l’entreprise ont été interpellés par les éléments de la gendarmerie de Diass, avant d’être remis en liberté quelques instants plus tard.

Cet épisode intervient dans un climat social particulièrement tendu, marqué par un bras de fer entre la direction et les représentants des travailleurs. L’entreprise avait déjà connu des affrontements et des interpellations lors d’un conflit social survenu en septembre et octobre 2011.

Aujourd’hui, les tensions refont surface. Après les premières élections syndicales organisées en août 2025, remportées par le Syndicat des travailleurs des industries du Sénégal (SYNTIS), les représentants du personnel ont durci leur position face à la direction générale. Ils réclament notamment « l’instauration d’un véritable cadre de concertation, la régularisation des travailleurs journaliers, ainsi que l’attribution d’indemnités de logement et de primes de risque ».

Malgré les séances de conciliation organisées devant l’Inspection régionale du travail et de la sécurité sociale de Thiès, aucun compromis concret n’aurait été trouvé. Face à cette impasse, le SYNTIS a annoncé un arrêt de la production à compter du 7 octobre. Cette décision s’inscrit dans le prolongement du préavis de grève déposé le 7 septembre dernier pour obtenir de meilleures conditions de travail.

Déterminés à faire aboutir leurs revendications, les délégués des travailleurs ont adressé un nouvel avertissement à la direction générale. « Nous accordons un ultime délai à la Direction générale pour s’asseoir à la table des négociations avec des propositions concrètes et vérifiables. Si ce délai expire sans avancée majeure, nous déclencherons un arrêt total et illimité de la production sur l’ensemble du site », ont-ils prévenu.

Les représentants du personnel insistent toutefois sur le sens de leur mobilisation, qu’ils présentent comme une démarche visant à préserver à la fois les intérêts des salariés et l’avenir de l’entreprise. « Nous ne nous battons pas contre l’usine, mais pour sa pérennité et pour la dignité de ceux qui la font tourner. Cette usine alimente le marché, mais elle doit aussi nourrir décemment les familles de ses bâtisseurs. »

Alors que le conflit social se poursuit, l’issue des discussions entre la direction et les représentants syndicaux demeure incertaine. Les prochaines heures pourraient être déterminantes pour éviter une paralysie prolongée de la production et une nouvelle escalade des tensions au sein de la cimenterie.

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