« Toute nouvelle inaction coûtera des vies », a déclaré Mohamed Yahya devant le Conseil de sécurité des Nations unies
La crise humanitaire au Yémen s’est « fortement aggravée » sur fond de reprise des combats, qui ont déplacé plus de 200 000 personnes depuis début août, a averti vendredi un haut responsable humanitaire de l’ONU.
Mohamed Yahya, sous-secrétaire général aux affaires humanitaires et coordonnateur adjoint des secours d’urgence, a lancé cet avertissement lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, au nom du chef de l’humanitaire de l’ONU, Tom Fletcher.
« Aujourd’hui, je dois avertir le Conseil que la crise humanitaire au Yémen s’est fortement aggravée. Toute nouvelle inaction coûtera des vies », a déclaré Mohamed Yahya.
Il a indiqué que l’intensification des combats au cours des deux derniers mois avait contraint des familles, déjà éprouvées par plus d’une décennie de conflit, à fuir leur domicile.
De nombreuses familles déplacées avaient épuisé leurs économies, perdu leurs moyens de subsistance et ne disposaient que de peu de possibilités de se mettre à l’abri, a-t-il ajouté.
Plus de 200 000 personnes ont été déplacées à travers le Yémen depuis début août, soit le niveau le plus élevé de nouveaux déplacements depuis la trêve de 2022, selon Mohamed Yahya.
Près de 4 000 autres personnes ont traversé le détroit de Bab el-Mandeb pour chercher refuge à Djibouti et en Somalie, a-t-il indiqué.
Mohamed Yahya a averti que les femmes et les enfants « payaient le prix le plus lourd » de l’intensification du conflit.
Il a cité des chiffres du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, selon lesquels au moins 46 civils ont été tués et plus de 130 blessés depuis début août.
Le système de santé yéménite se rapproche « davantage de l’effondrement », les victimes du conflit accentuant la pression sur des établissements déjà débordés, a-t-il déclaré.
Mohamed Yahya a averti que l’insuffisance des ressources aggraverait la crise, rendrait le relèvement plus difficile et plus coûteux, et réduirait la capacité des familles vulnérables à résister à de nouveaux chocs.
Les enfants exposés à un « risque disproportionné »
Mohamed Yahya a souligné qu’une solution politique était indispensable pour éviter de nouvelles souffrances.
« La poursuite des combats aura de graves conséquences humanitaires. Elle déplacera davantage de personnes et restreindra encore l’accès humanitaire », a-t-il déclaré.
« Le peuple yéménite a besoin de davantage que notre inquiétude et notre indignation. Il a besoin de notre action collective, de notre soutien concret et de notre engagement indéfectible à agir. »
Inger Ashing, directrice générale de Save the Children International, s’est également exprimée devant le Conseil de sécurité, avertissant que l’escalade menaçait la sécurité, l’éducation et le bien-être des enfants.
Pour trop d’enfants au Yémen, le conflit a transformé l’éducation, autrefois une voie vers de nouvelles possibilités, en un refuge face au danger, a-t-elle déclaré.
« Le Yémen est un pays d’une formidable vitalité et porteur d’espoir. Cette nouvelle escalade risque de compromettre son fragile relèvement », a affirmé Inger Ashing.
Elle a averti que le pays faisait face à une « convergence meurtrière » du conflit, des déplacements de population, du déclin économique et d’une recrudescence des maladies infectieuses et des maladies transmises par l’eau.
Inger Ashing a indiqué que les enfants étaient exposés à un « risque disproportionné » lié aux armes explosives.
« Sans action urgente, davantage d’enfants sombreront dans des difficultés encore plus profondes, avec des conséquences durables sur leur survie, leur apprentissage et leur protection », a-t-elle déclaré.
