Des chercheurs japonais ont établi un lien entre des températures ambiantes plus basses et une hausse de la pression à l’intérieur de l’œil chez les personnes souffrant de glaucome.

C’est la seconde cause de cécité en France. Le glaucome, qui touche 1 à 2 % de la population de plus de 40 ans et environ 10 % après 70 ans, est une maladie oculaire chronique qui endommage lentement le nerf optique (qui relie l’œil au cerveau), aboutissant à une perte progressive du champ visuel. Cette destruction du nerf optique résulte d’une élévation de la pression à l’intérieur de l’œil. Et selon une nouvelle étude, parue dans la revue British Journal of Ophthalmology, l’exposition au froid pourrait augmenter cette hypertonie oculaire.

Conditions météorologiques : mesurer la pression intraoculaire de 77 adultes atteints de glaucome

Pour parvenir à cette conclusion, des scientifiques de l’université préfectorale de médecine de Kyoto (Japon) ont passé en revue les dossiers médicaux de 77 adultes atteints d’un glaucome primitif à angle ouvert (la forme la plus fréquente), pris en charge dans un hôpital japonais entre janvier 2012 et décembre 2023. Ils ont suivi, pendant environ cinq ans, uniquement les patients âgés de plus de 40 ans, sans antécédents de chirurgie oculaire et ayant eu au moins trois consultations par an pendant une période minimale de trois ans. Afin d’écarter les effets liés à une modification du traitement médical, les volontaires devaient utiliser quotidiennement un à quatre collyres antiglaucomateux dans les deux yeux.

Leur pression intraoculaire a été évaluée. Pour rappel, un œil dit sain présente une pression intraoculaire comprise entre 10 et 20 mmHg. En outre, leur cornée a été mesurée, car elle constitue un facteur de risque indépendant d’une progression plus rapide de la maladie. Enfin l’équipe a pris en compte la tension artérielle et la fréquence cardiaque de chaque participant. Au total, 2.655 mesures de la pression intraoculaire, portant sur 154 yeux, ont été intégrées à l’analyse finale. En parallèle, les auteurs ont analysé les données climatiques liées à la période de l’intervention fournies par l’Agence météorologique du Japon. Celles-ci incluaient la température de l’air, l’humidité, la vitesse du vent, les précipitations et la durée d’ensoleillement.

Glaucome : quand les températures baissent, la pression dans les yeux augmente

Après avoir pris en compte des facteurs, comme l’âge, le sexe et l’épaisseur cornéenne centrale, l’équipe a constaté que durant les jours les plus froids, la pression oculaire des patients était plus élevée. Lors d’analyses complémentaires, les auteurs ont noté que la température de l’air n’était associée à la pression intraoculaire que chez les adultes souffrant d’un glaucome sévère ou utilisant plusieurs types de collyres. La saison tendait également à avoir un effet sur la fluctuation de la pression à l’intérieur de l’œil. « La corrélation entre la pression intraoculaire et la température ambiante chez les patients atteints d’un glaucome primitif à angle ouvert stable et sous traitement médical devrait être prise en compte dans une stratégie thérapeutique globale. »

Dans les conclusions, les chercheurs soulignent qu’il s’agit d’une étude observationnelle qui ne permet donc pas d’établir un lien de cause à effet. Ces derniers indiquent également ne pas avoir pris en compte des facteurs liés au mode de vie potentiellement importants, tels que l’activité physique et l’obésité. « D’autres recherches portant sur des groupes de personnes plus vastes sont nécessaires pour confirmer si la température de l’air joue un rôle chez les patients atteints d’un glaucome léger ou chez ceux n’utilisant qu’un seul type de collyre. »

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