Les comportements des parents influencent ceux des enfants, mais aussi leur état d’esprit. Dans Communications Psychology, une étude révèle que les méthodes d’éducation positive seraient bénéfiques pour la santé mentale des enfants. « Nous démontrons que les pratiques parentales précoces sont associées à l’un des indicateurs neuronaux de risque de troubles mentaux les plus importants connus à ce jour », prévient la psychologue Kaylin Hill, autrice principale de ces travaux. 

Education positive : un suivi pendant 15 ans pour comprendre les liens avec la santé mentale 

Elle les a démarré dès 2004, avec 465 familles dont l’un des membres était un enfant de trois ans. Ils ont été suivis jusqu’à ses 18 ans. La psychologue et son équipe ont observé les interactions et les pratiques parentales lorsque l’enfant avait 3 ans. Ils ont ensuite comparé ces données au développement de la « réactivité neuronale à la récompense » à différents âges (9, 12, 15 et 18 ans) : elle correspond à la façon dont le cerveau réagit aux récompenses ou aux stimuli positifs. Grâce à un électroencéphalogramme (EEG), réalisé avec de petites électrodes fixées sur le cuir chevelu, les scientifiques ont pu suivre le traitement de la récompense au niveau cérébral.

Concrètement, ils ont proposé un jeu de devinettes aux enfants. En cas de bonne réponse, ils obtenaient de l’argent. Cette technique a permis aux chercheurs d’observer les signaux électriques du cerveau en réponse à un gain ou à une perte. « Les enfants ayant bénéficié d’un style d’éducation positif étaient plus enthousiastes à l’idée de gagner de l’argent, tandis que ceux élevés dans un contexte parental plus négatif l’étaient moins », commentent les auteurs. Au fil des années, cette tendance s’est confirmée. « Nous avons constaté que plus les comportements parentaux observés à l’âge de 3 ans étaient positifs et moins les comportements négatifs étaient marqués, plus la réponse cérébrale à la récompense semblait importante chez les individus tout au long de l’adolescence, développe la psychologue. Autrement dit, plus les enfants reçoivent de compliments et d’encouragements de leurs parents dès leur plus jeune âge, mieux ils perçoivent les joies de la vie. »

Santé mentale : agir dès le plus jeune âge pour réduire le risque de dépression 

Si ces travaux sont uniquement observationnels, cette spécialiste estime qu’ils pourraient offrir de nouvelles pistes pour prévenir la dégradation de la santé mentale. Kaylin Hill considère ainsi qu’il est essentiel de soutenir les parents et leurs enfants pour repérer tout comportement potentiellement néfaste à long terme. « Le traitement de la récompense semble être l’un des éléments clés pour comprendre ce qui peut nous exposer au risque de développer des troubles mentaux, insiste-t-elle. Observer ce traitement et son évolution entre 9 et 18 ans est très utile pour comprendre le risque de dépression. » Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 4 % de la population mondiale souffre de ce trouble de la santé mentale. 

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