Une étude suggère que 20 minutes quotidiennes de méditation axée sur l’auto-compassion peuvent améliorer l’image corporelle et le bien-être, avec des effets encore visibles six semaines plus tard.
Et si vous cessiez de vous juger pour mieux accepter votre corps ? Des chercheurs de l’Université La Trobe, en Australie, ont étudié les effets d’un programme de méditation consacré à l’auto-compassion. Leur essai contrôlé randomisé, publié dans la revue Mindfulness, a réuni 227 adultes âgés de 18 à 39 ans. Les participants du groupe expérimental pratiquaient 20 minutes de méditation par jour, tandis que ceux du groupe témoin étaient placés sur une liste d’attente. Trois séances différentes encourageaient la pleine conscience, la bienveillance envers soi-même et le sentiment de partager des expériences humaines communes.
Moins de critiques, davantage de bienveillance
Résultat : les personnes ayant suivi le programme ont davantage apprécié leur corps, rapporté un meilleur bien-être et réduit leur tendance à l’autocritique. Ces bénéfices restaient visibles six semaines après la fin de l’intervention. Particularité de cette méthode : les exercices ne demandaient pas aux participants de se concentrer sur leur apparence physique. Ils visaient plutôt à modifier leur manière de réagir aux difficultés personnelles, en remplaçant les jugements sévères par davantage de compréhension.
« De nombreuses interventions sur l’image corporelle se concentrent directement sur les préoccupations liées à l’apparence. Or, notre étude montre qu’encourager simplement les personnes à se traiter avec davantage de gentillesse et de compréhension peut améliorer la façon dont elles ressentent leur corps« , explique le docteur Joshua Marmara, chercheur au département de psychologie, de conseil et de thérapie de La Trobe, dans un communiqué.
Une méthode accessible pour améliorer la santé mentale
Les chercheurs soulignent également que la fréquence de pratique, à elle seule, ne déterminait pas l’ampleur des progrès. L’auto-compassion pourrait donc jouer un rôle important, au-delà de la simple attention portée à l’instant présent.
Pour Siân McLean, professeure associée à l’École de psychologie et de santé publique de La Trobe, ces résultats ouvrent des perspectives intéressantes. « Comme ces programmes d’entraînement à l’auto-compassion sont simples à proposer en ligne et demandent relativement peu de temps, ils pourraient toucher un grand nombre de personnes », souligne-t-elle. Cette approche pourrait ainsi compléter les stratégies destinées à améliorer la santé mentale et l’acceptation de soi.
