Les entrepreneurs vivraient plus longtemps que les personnes n’ayant jamais créé leur entreprise. L’autonomie et l’implication dans un projet pourraient avoir des bénéfices sur la longévité. 

Pour bien vieillir, mieux vaut entreprendre. C’est la théorie développée par une équipe du Stevens Institute of Technology aux États-Unis. Cette dernière a constaté que l’entrepreneuriat était associé à une meilleure longévité. Certaines caractéristiques de ce mode d’activité pourraient l’expliquer comme l’autonomie ou le sentiment d’avoir un objectif de vie. 

Un lien entre entrepreneuriat et longévité 

Ces travaux sont basés sur l’analyse des données de plus de 27.000 Américains âgés de 50 ans et plus, récoltées pendant plus de 20 ans. Lorsqu’ils ont comparé la longévité des participants, les scientifiques ont constaté que les individus ayant entrepris à un moment de leur vie présentaient un risque de décès environ 10 % plus faible que les non-entrepreneurs. « Même après prise en compte de facteurs tels que l’âge, le revenu, le niveau d’éducation et l’état de santé », précisent les auteurs.  

Ce constat était particulièrement marqué chez les personnes ayant entrepris par choix ou pour saisir une opportunité. Il l’était moins chez celles et ceux devenus entrepreneurs par nécessité, suite à la perte d’un emploi par exemple. « Ce qui semble compter, ce n’est pas tant l’entrepreneuriat en soi, mais les circonstances dans lesquelles on s’y lance, développe l’auteur principal de la recherche, Cristiano Bellavitis. Lorsque l’entrepreneuriat résulte d’un choix et d’une opportunité, l’autonomie et le sentiment d’avoir un but qui en découlent, peuvent procurer des bienfaits psychologiques allant au-delà des seules récompenses financières. »

Comment l’entrepreneuriat peut améliorer la longévité ?

Pour ce spécialiste, ces différents bénéfices peuvent surprendre. Il rappelle que, souvent, l’entrepreneuriat est perçu comme une activité stressante, associée à de longues heures de travail et à beaucoup de pression. Pourtant, il suppose que d’autres critères doivent être pris en compte, au vu des bénéfices de ce mode de travail sur la longévité. Au-delà de l’autonomie, le professeur évoque la possibilité de se consacrer à un projet porteur de sens, et qui passionne les individus qui le concrétisent. « La santé mentale s’avère être un facteur statistiquement significatif, complète Cristiano Bellavitis. Les entrepreneurs ont fait état de niveaux plus faibles de dépression et de solitude, deux éléments associés à une meilleure santé et à une plus grande longévité. » 

Le « meilleur des deux mondes » : trouver du sens au travail pour améliorer son bien-être 

D’après l’expert, si ces résultats sont importants pour les entrepreneurs, ils offrent aussi des perspectives pour les employeurs. Ces derniers pourraient intégrer certains des éléments de l’entrepreneuriat dans leur organisation, comme l’autonomie, les responsabilités ou davantage de visibilité sur l’impact des missions.

« Créer un environnement de travail plus entrepreneurial, où les employés disposent de la liberté de prendre des décisions, de développer des idées et peuvent constater les résultats de leurs efforts, peut favoriser l’engagement et le bien-être, tout en évitant certains des risques financiers et personnels liés à la création d’une entreprise », résument les auteurs.

Pour eux, il s’agirait de réunir le meilleur des deux mondes : l’autonomie et la sécurité, l’enthousiasme et la stabilité. « Que vous soyez entrepreneur ou salarié, trouver les moyens de s’approprier son travail et d’avoir une raison de s’enthousiasmer pour ce que l’on fait au quotidien est essentiel pour le bien-être à long terme », résume le Pr Bellavitis. 

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