Les gliomes, un type de tumeur cérébrale, présentent des modifications génétiques lorsqu’ils récidivent.
Malgré les traitements, certaines tumeurs récidivent. C’est notamment le cas des gliomes, un type de tumeur cérébrale. Dans la revue spécialisée Nature, des scientifiques américains ont réussi à décrypter les raisons de ces récidives. Ils ont identifié des modifications génétiques associées à la reformation des tumeurs.
Comprendre les récidives du gliome, un type de tumeur cérébrale
Cette équipe de l’université Yale s’est intéressée aux gliomes porteurs d’une mutation IDH : ils se caractérisent par des altérations du gène codant pour l’isocitrate déshydrogénase (IDH). « Ces tumeurs touchent principalement des personnes trentenaires ou quadragénaires, ce qui les rend particulièrement dévastatrices, expliquent les auteurs. Bien que de nombreux patients survivent plusieurs années après le diagnostic, ces tumeurs récidivent presque systématiquement et finissent par ne plus répondre aux traitements. »
Pour mieux les comprendre, ils ont utilisé les données d’un vaste consortium d’étude des gliomes. Ils se sont concentrés sur 183 cas : des patients dont les tumeurs ont fait l’objet de prélèvements avant et après récidive, pour comparer l’évolution des cancers au fil du temps. « Les gliomes porteurs d’une mutation IDH sont rares, ce qui rend leur étude complexe, précise Frederick Varn, co-directeur de ces travaux. Nous avons pu réunir suffisamment d’échantillons pour caractériser les modes d’évolution les plus fréquents de chaque type de gliome IDH-muté lors d’une récidive. »
La chimiothérapie peut laisser des traces sur les tumeurs cérébrales récidivantes
Ils ont notamment constaté que la chimiothérapie par témozolomide semble laisser des « empreintes » génétiques dans les tumeurs récidivantes. Mais ils ont surtout remarqué que des tumeurs partageant la même mutation du gène IDH peuvent évoluer différemment. « Un sous-type de gliome présentant une mutation du gène IDH, appelé oligodendrogliome, a tendance à acquérir de nouvelles mutations dans des gènes qui favorisent la croissance tumorale, développent-ils. À l’inverse, un autre sous-type, appelé astrocytome, est davantage sujet à des remaniements chromosomiques à grande échelle, se traduisant par des gains ou des pertes de larges segments d’ADN au fil de la progression de la maladie. » Selon les auteurs, cela signifie que des différences présentes au moment de la détection initiale de la tumeur peuvent être un indicateur de son évolution après le traitement. Certaines altérations génétiques sont aussi des informations sur la sévérité de la récidive. « Dans le cas des astrocytomes, des anomalies chromosomiques à grande échelle sont liées à une survie plus courte après la récidive », indiquent les chercheurs américains.
Tumeur du cerveau : prévenir les récidives grâce à des traitements personnalisés
Si ces travaux permettent de mieux comprendre le développement des tumeurs en cas de récidive, les auteurs souhaitent aller plus loin. « À terme, nous espérons pouvoir non seulement observer, mais aussi orienter le comportement tumoral, rendant ainsi les traitements plus efficaces », prévient Roel Verhaak, co-auteur. La prise en charge pourrait devenir adaptée à chaque tumeur pour réduire encore le risque de récidive.
