L’audace du jeune M. El B. Ciss, vingt-six ans et sans profession officielle, relève d’un machiavélisme technologique qui stupéfie les limiers de la police dakaroise.
Selon les révélations saisissantes du quotidien L’Observateur, cet habitant de la Sicap-Foire avait réussi le tour de force de s’inventer une stature de magnat des affaires au train de vie insolent, dissimulant sous ses habits de lumière un vaste système de fraude électronique alimenté par de fausses identités, des cartes bancaires piratées et des ordres de virement fictifs.
Durant plus d’un mois, le suspect a pillé les plateformes de commerce en ligne à l’insu des véritables titulaires des comptes. Cette razzia numérique lui a permis de s’offrir un parc automobile digne des plus grands fortunes : une Chevrolet Camaro flambant neuve, des titres de propriété pour une Porsche Macan évaluée à plus de 28 millions de francs CFA, ainsi que des documents afférents à de prestigieuses Land Rover et Range Rover.
À cette débauche de carrosseries s’ajoutait la panoplie complète du parfait esthète : smartphones de dernière génération, montre connectée de luxe, fragrances de créateurs, permis de conduire international falsifié et un trousseau de cartes d’accès aux suites exclusives d’un palace de la place.
Pour parfaire son imposture et endormir la méfiance de ses partenaires, le jeune homme n’a pas hésité à forger de toutes pièces des ordres de virement bancaires s’élevant jusqu’à 75 millions de francs CFA. Une diplomatie du faux qui s’est fracassée contre la réalité des registres d’Ecobank et de la Banque Atlantique, où le mirage de ses comptes prétendument approvisionnés s’est évanoui.
L’édifice criminel s’est finalement effondré à la suite de la perspicacité d’un commerçant établi à Dakar-Plateau. Alerté par l’institution bancaire d’une contestation de débit, ce dernier a tendu une souricière au faussaire en feignant d’honorer une énième commande. C’est un prétendu coursier, opérant sous l’emprunt patronymique de « Moustapha Fall », qui s’est jeté dans la gueule du loup en venant cueillir le colis.
Les hommes du commissaire Ousmane Diop, en embuscade, n’ont eu qu’à cueillir le complice avant de remonter la piste jusqu’au quartier général de la Sicap-Foire. Face aux enquêteurs, M. El B. Ciss a esquissé de fuyants aveux partiels.
Désormais entre les mains du procureur de la République qui a ordonné son déferrement, le cyber-escroc laisse derrière lui des ordinateurs en cours d’exploitation par les techniciens de la cybercriminalité.
Le Groupe Futurs Médias promet d’ailleurs de nouvelles révélations sur ce réseau aux ramifications encore insoupçonnées.
