Invité de l’émission « Grand Jury » sur la Rfm ce dimanche 1er février 2026, Ibnou Sougoufara, avocat des marchés financiers et président de Sengov’Risk, a analysé les opportunités offertes par les ressources pétrolières et gazières du Sénégal. Pour l’expert, ces actifs constituent un levier majeur pour stabiliser la dette publique, à condition d’adopter une diplomatie économique pragmatique.

Selon Ibnou Sougoufara, l’entrée du Sénégal dans le cercle des pays producteurs change la donne auprès des bailleurs de fonds. « Les hydrocarbures peuvent aider à régler la question de la dette, oui. Parce que ce sont des actifs », a-t-il affirmé. L’ancien conseiller en Énergie et Mines du Président Macky Sall explique que la simple détention de ces ressources renforce la signature du pays à l’international.

« Quand un pays a des ressources et des perspectives d’exploitation, cela rassure les créanciers, à condition que la gestion soit rigoureuse », précise-t-il, soulignant l’importance d’une gouvernance transparente.

Le « mouvement de troupeau » des compagnies pétrolières

L’expert a également mis en lumière le fonctionnement interne du secteur énergétique mondial, où l’information circule rapidement entre les géants du pétrole. « Dans le pétrole, les compagnies se parlent. Elles se retrouvent à Houston, Londres, Dubaï ou Rotterdam. C’est un mouvement de troupeau », souligne M. Sougoufara.

Face à cette réalité, il appelle l’État du Sénégal à adopter une posture plus attractive et moins conflictuelle pour sécuriser les investissements sur le long terme : « Aujourd’hui, on devrait leur dérouler le tapis rouge, les garder, leur permettre de développer les autres phases et leur donner des incitations. »

Éviter les conflits contre-productifs

Dans cette optique, Ibnou Sougoufara met en garde contre la tentation des contentieux judiciaires ou financiers pour des montants qu’il juge dérisoires au regard des enjeux globaux. « Entrer dans des conflits pour 40 millions de dollars n’a pas de sens, quand ce qu’on a à gagner est bien plus important », soutient-il.

Pour l’avocat et expert en gestion de risques, l’énergie est un atout stratégique qui ne portera ses fruits que si elle s’inscrit dans une vision de long terme, alliée à une diplomatie économique prudente et une discipline budgétaire stricte.

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