« Le Sénégal n’est pas à l’abri d’une crise financière », c’est l’avertissement émis par Ibnou Sougoufara, avocat spécialisé en marchés financiers et président de Sengov’Risk (l’association sénégalaise des gestionnaires de risque)repris par seneplus.

Lors de sa participation au « Grand Jury » de la RFM le dimanche 1er février 2026, et repris par seneplus ; l’ex-conseiller en énergie et mines du président Macky Sall a exprimé son opinion sur la vulnérabilité du pays. Selon lui, celle-ci découle de sa dépendance vis-à-vis des décisions prises par les créanciers internationaux.

M. Sougoufara met en évidence que lorsque l’on est tributaire des décisions d’autrui, « on n’est pas libre ». Selon le spécialiste, l’appartenance du Sénégal à une union monétaire est ce qui lui a permis d’être sauvé. « Si l’on avait une monnaie unique et non le F CFA tellement critiqué, la situation allait être beaucoup plus difficile », souligne-t-il.

Il explique que dans la structure financière internationale, les investisseurs privés ne traitent pas directement avec les États. Le Fonds monétaire international demeure leur principal intermédiaire. « Le FMI, c’est en quelque sorte l’avocat des marchés financiers. Les marchés ne s’assoient pas à la table avec l’État, ils parlent au FMI  », a-t-il souligné.

Par conséquent, toute friction avec l’établissement de Bretton Woods affaiblit la position du Sénégal. « Si vous avez un problème avec le FMI, vous avez déjà un problème avec un créancier important, mais surtout avec l’avocat des autres créanciers  », souligne-t-il.

Pour l’avocat et le gestionnaire des risques, la réorganisation de la dette est désormais indispensable. Le 8 janvier dernier, le Premier ministre Ousmane Sonko a fermement rejeté une mesure, lors de sa rencontre avec son homologue mauritanien.

Ibnou Sougoufara indique la direction : « Il faudra convaincre les créanciers de lâcher quelque chose. Le Sénégalais comprendra qu’il faut consentir des sacrifices. Mais il ne faut pas considérer le FMI comme un ennemi ». Toutefois, il souligne l’importance de préciser les termes de la discussion.

« Il ne faut pas confondre restructuration et annulation. La restructuration, c’est renégocier les conditions : les taux d’intérêt, les échéances, les coupons. C’est possible, à condition d’adopter le bon ton », dit-il.

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