Selon l’OMS, même si l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo ne constitue pas une urgence pandémique mondiale, le risque reste élevé aux niveaux régional et national.

« Une urgence de santé publique de portée internationale et non une urgence pandémique. » Ce sont les mots employés par Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) au sujet de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) face à des journalistes, ce 20 mai, à Genève. Pour rappel, au 16 mai dernier, huit cas confirmés par des tests parvenus à des laboratoires, 246 cas suspects et 80 décès suspects ont été enregistrés dans la province d’Ituri. « Par ailleurs, deux cas confirmés en laboratoire (dont un décès) sans lien apparent entre eux ont été signalés à Kampala, en Ouganda, à 24 heures d’intervalle, les 15 et 16 mai 2026, chez deux personnes revenant de la République démocratique du Congo », peut-on lire dans le communiqué de l’OMS publié le 17 mai.

Épidémie d’Ebola : « Nous pensons qu’elle a probablement commencé il y a deux mois »

Lors de la récente conférence de presse, le directeur de l’organisation a indiqué qu’au-delà des quelques dizaines de cas confirmés d’infection, près de 600 cas suspects du virus Ebola Bundibugyo et 139 décès suspects ont été recensés. « Compte tenu de son ampleur, nous pensons qu’elle a probablement commencé il y a deux mois. (…) Nous nous attendons à ce que ces chiffres continuent d’augmenter. Les investigations se poursuivent afin de déterminer précisément quand et où cette épidémie a débuté », ont déclaré les membres de l’autorité sanitaire. Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, a ajouté que « dans les zones reculées ou instables, la détection des cas peut prendre du temps », a-t-il précisé, précisant que le virus Ebola Bundibugyo n’a été identifié qu’après le transport d’échantillons sur quelque 1.700 kilomètres à travers le pays jusqu’à la capitale, Kinshasa.

Un risque « faible » au niveau mondial mais « élevé » pour l’Afrique centrale

Durant ce point de situation sur l’évolution rapide de la situation dans l’est de la RDC, Tedros Adhanom Ghebreyesus a signalé que le risque épidémique d’Ebola, qui se transmet par contact direct avec le sang et les liquides biologiques d’une personne infectée ou par le biais d’objets ou de surfaces contaminés, est « faible » au niveau mondial, mais jugé « élevé » pour l’Afrique centrale. « Les pays voisins partageant des frontières terrestres avec la République démocratique du Congo sont considérés comme présentant un risque élevé de propagation en raison de la mobilité des populations, des échanges commerciaux et des voyages, ainsi que des incertitudes épidémiologiques persistantes », avait déjà écrit l’OMS le 17 mai dernier. Et pour cause : l’Ouganda a signalé deux cas confirmés d’Ebola dans sa capitale, Kampala.

Anaïs Legand, responsable technique de l’OMS pour les fièvres hémorragiques virales, a indiqué que la « priorité absolue est de rompre la chaîne de transmission », avant de souligner les difficultés rencontrées pour maîtriser l’épidémie compte tenu de la crise humanitaire actuelle, des problèmes de sécurité, de la forte mobilité de la population et de la proximité de nombreuses frontières. « Des ressources, du personnel supplémentaire… la recherche et le développement de contre-mesures sont nécessaires de toute urgence. »

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