Alors que les révélations financières se font de plus en plus accablantes, fracassantes et éclaboussantes, le pouvoir de Sonko-Diomaye en place multiplie les diversions médiatiques et institutionnelles pour détourner le regard des Sénégalais du dossier des 37 milliards de l’Aser, le plus grand plan de détournement de deniers organisé en 2 ans de règne seulement.
Les Sénégalais n’en reviennent toujours pas, tellement les révélations explosives du député Thierno Alassane Sall, lors de sa conférence de presse du 12 juin 2026, sont à la fois renversantes et surtout irréfutables ; les documents bancaires repris par le député Thierno Alassane Sall étant fournis par la Justice espagnole (Procédure Diligencias Previas 140/2026).
La cartographie financière dévoilée est terrifiante face aux promesses de rupture du régime Pastef.
En moins de sept semaines, le compte Santander est passé de 56 millions d’euros à moins de dix millions, pour finir à 1346 euros début 2026.
Les fonds ont irrigué sept (7) banques espagnoles, des comptes de transit internes, mais aussi des entités basées au Sénégal (Sonac, Aee Power Suarl), en Chine, en Côte d’Ivoire ou au Togo ; moins de 2% de la somme ont servi à acheter du matériel. Sur le terrain, de Mbour à Kédougou, des milliers de villages sont dans le noir pendant que l’argent s’est volatilisé à travers des circuits offshore.
Mais la coïncidence des calendriers ne trompe personne. A ce moment exact où l’étau judiciaire et médiatique se resserre autour de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser), la majorité parlementaire active une proposition de loi portant révision de la Constitution. Cette accélération institutionnelle, une «insulte» qui ne dit pas son nom, est un pare-feu politique dont l’objectif est de déplacer le débat sur le terrain des réformes de structures et saturer l’espace médiatique pour occulter la responsabilité du sommet de l’Etat dans la gestion de ce projet d’électrification.
A cela s’ajoutent les sorties médiatiques stratégiques, notamment sur des médias internationaux comme Rfi (dont on a tout dit hier), qui visent à lisser l’image internationale du régime et à recentrer le narratif sur la légitimité démocratique globale plutôt que sur les scandales financiers au Sénégal.
Le slogan phare de Pastef -Jub, Jubal, Jubanti (Probité, Rectitude, Transparence) se casse et se fracasse sur l’inaction des autorités. Selon le député Thierno Alassane Sall, l’Exécutif a ignoré les alertes formelles de Banco Santander dès septembre 2024, et pire, a fait pression pour lever la suspension des décaissements.
Alors que le Pôle judiciaire financier est saisi au Sénégal et que les langues se délient, le pouvoir a choisi la fuite en avant institutionnelle. Mais face à des relevés bancaires écrits noir sur blanc, aucun contre-feu constitutionnel ne pourra indéfiniment masquer les lignes de comptes. Le Peuple sénégalais, lui, attend toujours la lumière.
C’est le temps de l’opposition qui, malheureusement, est toujours dans un sommeil profond. Cette affaire des 37 milliards et d’autres scandales doivent unir l’opposition et toutes les Forces vives afin que les responsables et les coupables de «ce carnage éhonté» des ressources nationales soient identifiés et sévèrement punis, au nom du Jub-Jubal -Jubanti.
Le combat doit être national et international. Des flyers et brochures en français facile et dans nos langues nationales doivent être édités afin que le Peuple sénégalais soit informé sur les actes de mal gouvernance en cours dans notre pays. Ce combat importe plus que des réformes constitutionnelles inopportunes, de la sale politique politicienne, face aux urgences de relance économique. Les Sénégalais sont fatigués, pour reprendre le mot de feu Kéba Mbaye, juge émérite (Psl), et aucune perspective porteuse d’espoir ne pointe à l’horizon sinon que le «néant».
Cheikh NDIAYE
Responsable politique Apr/Grand-Yoff
