Adopté le 17 juin dernier en conseil des ministres, le projet de loi de finances rectificative (Lfr) 2026 devra passer sous peu devant le parlement pour validation.
Adopté le 17 juin dernier en conseil des ministres, le projet de loi de finances rectificative (Lfr) 2026 devra passer sous peu devant le parlement pour validation. Le document de programmation budgétaire pluriannuelle (DPBEP) annonce des révisions en profondeur du budget 2026. Confronté à une hausse brutale des dépenses énergétiques mais également à des recettes moins importantes qu’attendues, l’état prévoit, dans le cadre de cette Lfr, une révision à la baisse de ses ressources internes de 321,6 milliards FCFA.
Le Sénégal s’oriente vers une révision de son budget 2026 après une dégradation des prévisions de recettes publiques. Dans le cadre de la future Loi de finances rectificative (LFR), l’État anticipe une moins-value de 321,6 milliards FCFA sur ses recettes internes, principalement expliquée par des performances inférieures aux attentes du Plan de redressement économique et social (PRES). Cette correction intervient dans un contexte marqué par une forte hausse des dépenses énergétiques et un réajustement des équilibres budgétaires.
Selon l’As , les projections présentées dans le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029, les recettes internes devraient finalement s’établir à 5 419,1 milliards FCFA, contre 5 740,7 milliards FCFA prévues dans la loi de finances initiale. Le document attribue l’essentiel de cet écart aux moins-values observées sur les recettes attendues du PRES, estimées à 381,3 milliards FCFA. Cette baisse serait toutefois partiellement compensée par des performances supérieures aux prévisions sur certaines recettes non fiscales et d’autres lignes fiscales, pour un montant global évalué à 59,7 milliards FCFA.
Par ailleurs, cette révision des recettes intervient dans un contexte de fortes tensions internationales qui ont profondément modifié les hypothèses économiques retenues lors de l’élaboration du budget initial. Le Gouvernement explique que le déclenchement du conflit au Moyen-Orient a provoqué une hausse des cours mondiaux du pétrole et du gaz, une résurgence des pressions inflationnistes ainsi qu’un durcissement des conditions de financement sur les marchés internationaux.
Estimé à 64 dollars le baril dans la loi de finances initiale 2026, le prix du Brent a en effet dépassé 110 dollars au cours du mois d’avril, bouleversant les prévisions budgétaires établies en début d’exercice. Au-delà de l’impact sur les recettes, cette situation a entraîné une augmentation importante des charges de soutien au secteur énergétique. Les subventions destinées à l’énergie devraient ont ainsi atteint 729 milliards FCFA, contre 250 milliards FCFA initialement inscrits au budget. Face à cette double pression, baisse des recettes et hausse des dépenses contraintes, les autorités ont engagé un important exercice de modulation budgétaire afin de préserver la soutenabilité des finances publiques.
Au total, 687,2 milliards FCFA d’ajustements budgétaires ont été identifiés. Ils concernent notamment les dépenses d’investissement financées sur ressources internes et externes ainsi qu’une partie des crédits de fonctionnement. Le Gouvernement assure néanmoins avoir préservé les postes considérés comme prioritaires, notamment les dépenses liées à l’éducation, à la santé, à la sécurité, aux charges salariales, aux collectivités territoriales ainsi qu’aux subventions agricoles. À travers cette future loi de finances rectificative, l’État cherche ainsi à absorber le choc sur ses recettes tout en maintenant le cap de ses engagements budgétaires dans un environnement international devenu plus contraignant que prévu.
