Succès Masra, ancien Premier ministre et chef du principal parti d’opposition au Tchad, ainsi que huit autres dirigeants de partis ont été graciés par le président Mahamat Idriss Déby vendredi par décret.

Condamné pour « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe » et « complicité de meurtre », Succès Masra purgeait depuis plus d’un an une peine de 20 ans de prison ferme.

Les huit dirigeants de partis, tous membres de la plateforme de l’opposition (GCAP), Groupe de concertation des acteurs politiques, étaient condamnés depuis mai à huit ans de prison ferme, jugés coupables de fomenter une insurrection.

Cette grâce présidentielle entraîne une « remise totale des peines privatives de libertés aux condamnés », indique le décret publié vendredi sur la page Facebook de la présidence tchadienne.

Économiste de 42 ans et figure populaire de l’opposition, M. Masra avait été contraint à l’exil au Cameroun fin 2022, après une manifestation violemment réprimée lors de laquelle de nombreuses personnes avaient été tuées par les forces de l’ordre, sans qu’aucun bilan officiel ne soit jamais communiqué.

Il était rentré au Tchad un an plus tard en vertu d’un accord conclu avec le gouvernement tchadien à Kinshasa. Il avait été nommé Premier ministre peu après, cinq mois avant l’élection présidentielle de mai 2024 à l’issue de laquelle il était arrivé deuxième avec près de 20% des voix.

M. Déby avait recueilli environ 60% des suffrages, remportant une élection contestée et boudée par une bonne partie de l’opposition.

Le Tchad, pays d’Afrique centrale qui compte près de 20 millions d’habitants, est dirigé depuis 2021 par M. Déby, qui avait pris la tête d’une transition militaire à la mort de son père Idriss Déby Itno, tué par des rebelles après 30 ans à la tête du pays.

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