Marine Le Pen a affirmé le 1er juillet qu’elle ne mènerait pas de campagne présidentielle si elle devait être condamnée à porter un bracelet électronique, à quelques jours de la décision attendue dans son procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens, prévue le 7 juillet.
Intervenant sur LCI, la présidente du groupe Rassemblement national (RN) à l’Assemblée nationale a indiqué qu’elle restait disposée à briguer une quatrième candidature à l’élection présidentielle, tout en posant une condition liée à sa capacité à mener campagne librement.
« Bien entendu si je peux être candidate », a déclaré Marine Le Pen, avant d’ajouter : « Je serai candidate (…) pour peu que je puisse faire campagne ».
Cette prise de position intervient dans un contexte où l’avenir politique de la dirigeante du RN pourrait être déterminé par la décision attendue de la cour d’appel. Le parquet général avait requis le 3 février cinq ans d’inéligibilité ainsi que quatre ans d’emprisonnement, dont une peine ferme, dans cette affaire portant sur les assistants parlementaires européens.
Marine Le Pen a également rejeté l’idée de conduire une campagne présidentielle sous contrainte judiciaire, estimant qu’une candidature exige une totale liberté de mouvement.
« Quand on est un candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements », a-t-elle déclaré. « Je ne peux pas dépendre d’un magistrat pour m’autoriser à aller faire un meeting ou aller sur un marché ».
Évoquant la décision à venir, la députée a affirmé que « la peur n’a pas sa place », tout en reconnaissant les conséquences personnelles qu’un verdict défavorable pourrait entraîner.
« On peut avoir un sentiment d’injustice, d’être privée d’un combat qui reste le combat de ma vie », a-t-elle déclaré.
Elle a toutefois assuré vouloir poursuivre son engagement politique quelle que soit l’issue judiciaire.
« Quoi qu’il arrive je ne serai pas morte, quoi qu’il arrive je continuerai à mener le combat pour mes idées », a-t-elle affirmé.
Marine Le Pen a été condamnée en première instance le 31 mars 2025 à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ans ferme sous bracelet électronique, à une amende de 100 000 euros ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, dans l’affaire des assistants parlementaires européens.
La justice lui reproche un détournement de fonds liés à un système d’emplois fictifs présumés couvrant la période 2004-2016. Cette décision a entraîné la perte immédiate de son mandat de conseillère départementale et compromet, à ce stade, une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2027.
Le procès en appel s’est tenu du 13 janvier au 12 février 2026. Lors de cette procédure, le parquet général a requis la confirmation des cinq années d’inéligibilité et de l’amende, tout en renonçant cette fois à demander une exécution provisoire. La décision est attendue le 7 juillet 2026 et suscite une forte attention politique, son issue étant susceptible de déterminer l’avenir présidentiel de la dirigeante du Rassemblement national, qui a indiqué qu’elle se prononcerait sur sa candidature dès l’annonce du verdict.
L’élection présidentielle française de 2027 devrait se tenir les 18 avril 2027 pour le premier tour et 2 mai 2027 pour le second tour. Ce calendrier, qui doit être officialisé en Conseil des ministres, aurait été retenu après examen de plusieurs scénarios, dont une option prévoyant un scrutin les 11 et 25 avril. La Constitution française impose que le premier tour ait lieu entre le 35e et le 20e jour précédant l’expiration du mandat présidentiel, lequel prend fin le 14 mai 2027. Aucune confirmation officielle supplémentaire n’a encore été annoncée par l’exécutif.
