Le président de Pastef et président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a vivement critiqué le Premier ministre Al Amine Lô, samedi, à l’occasion de l’inauguration de la permanence de son parti à Mbacké. Dans un discours aux allures de mise en garde, il a accusé le chef du gouvernement de remettre en cause les orientations qu’il avait engagées dans la gestion des ressources naturelles du Sénégal.
Prenant la parole devant ses militants, Ousmane Sonko a rappelé avoir lui-même nommé Al Amine Lô au poste de secrétaire général de la Primature. « C’est moi-même qui ai nommé Al Amine Lô à la Primature comme Secrétaire général », a-t-il déclaré, estimant que l’actuel Premier ministre connaît parfaitement sa vision pour le pays.
Le leader de Pastef a ensuite évoqué les négociations menées durant son passage à la Primature concernant les ressources naturelles. Selon lui, des discussions avaient été engagées en vue de la reprise du pétrole de Yakaar-Teranga, du phosphate exploité par les ICS, ainsi que du gaz détenu par Kosmos et BP, afin de garantir une meilleure redistribution des revenus au profit des Sénégalais.
S’appuyant sur des informations qui lui auraient été rapportées, Ousmane Sonko affirme qu’Al Amine Lô aurait récemment indiqué, lors d’une réunion à huis clos, que sa priorité était désormais l’amélioration du climat des affaires. Une orientation que le président de l’Assemblée nationale interprète comme une volonté de privilégier les attentes des investisseurs et partenaires économiques occidentaux.
Face à ce qu’il considère comme une remise en cause de ces choix stratégiques, Ousmane Sonko a menacé d’engager une offensive parlementaire. « Je déclare ici que nous allons faire des séries de motions de censure si Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Al Amine Lô ne reculent pas dans cette posture de sabotage », a-t-il averti.
Dans le même temps, il a annoncé le dépôt prochain d’une proposition de loi initiée par le député Guy Marius Sagna. Le texte prévoit que tous les contrats relatifs à l’exploitation des ressources naturelles soient soumis à l’Assemblée nationale, afin de permettre aux députés d’en examiner la conformité avec les intérêts du Sénégal.
Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions de plus en plus perceptibles entre une partie des responsables de Pastef et le Premier ministre Al Amine Lô, dont la nomination avait pourtant été présentée comme le prolongement des orientations économiques défendues par le parti au pouvoir.
