Les audiences de la Chambre des saisies immobilières du Tribunal de commerce hors classe de Dakar révèlent l’ampleur des difficultés financières auxquelles sont confrontées plusieurs entreprises et particuliers. Les dossiers inscrits portent sur des biens immobiliers dont la valeur cumulée des mises à prix dépasse 6,7 milliards FCFA, avec des montants variant de 4,45 millions à 1,2 milliard FCFA.

La procédure la plus importante concerne la SCI CISSIMMO et Ibrahima Niass CISS. À la demande de BGFI Bank Sénégal, un terrain de 2.994 m² situé à Ngor est mis en vente avec une mise à prix fixée à 1,2 milliard FCFA.

Vient ensuite le dossier d’IMMOLAND, engagée comme caution de COMPUTER LAND SARL. Coris Bank International Sénégal sollicite la vente d’un immeuble situé à Fann-Mermoz, dont la mise à prix est arrêtée à un milliard FCFA.

Parmi les autres affaires d’envergure figure celle de Samba FALL, caution du Comptoir Commercial Serigne Touba Immobilier. Son droit au bail situé à Ouakam est proposé à une mise à prix de 870,4 millions FCFA.

L’un des dossiers les plus significatifs concerne également IMMO LAND SARL, caution hypothécaire de MOTORS LAND. Cinq biens immobiliers sont visés dans cette procédure : des immeubles situés aux Almadies, sur la rue Carnot et la route de Ouakam, ainsi que des droits au bail à Ouest-Foire et à Ouakam. Les mises à prix s’échelonnent entre 22,5 millions et 428,6 millions FCFA.

D’autres sociétés figurent parmi les débiteurs concernés, notamment SEPAM, SETEXPHARM SARL, Atlantik Sea Food SA, CHAHINE PRODUCTS COMPANY SA, DIAPANDAL OIL SARL, SCI LOGANA, SCI Le BORDELAIS, ainsi que plusieurs entreprises commerciales et immobilières poursuivies par des établissements bancaires et financiers.

Les procédures concernent également plusieurs particuliers, parmi lesquels Chimer NDIAYE, El Hadji Momar Lissa NDIAYE, Biram NDIAYE, Bara SARR, Mamadou Daouda DIA, Saliou DIENE, Djiby DIALLO, Peunda MBENGUE, Mamadou MBACKE, Abdoulaye Elias BADJI, Fatimata DIOP, Mandaw DIOP et d’autres cautions hypothécaires.

Ces saisies illustrent les mécanismes juridiques dont disposent les banques pour recouvrer leurs créances, mais elles mettent aussi en lumière les tensions de trésorerie auxquelles sont confrontés certains acteurs économiques.

Dans un contexte où le secteur privé constitue un moteur essentiel de l’économie sénégalaise, la mise en saisie d’une entreprise peut avoir des répercussions importantes sur l’emploi, les fournisseurs et les investissements. Plusieurs acteurs économiques plaident ainsi pour le renforcement des dispositifs de restructuration de la dette, un dialogue accru entre les banques et les entreprises, ainsi que la recherche de solutions permettant, lorsque cela est envisageable, d’éviter la cession forcée des actifs.

Parallèlement, les spécialistes rappellent que la pérennité des entreprises repose également sur une gouvernance rigoureuse, une gestion financière maîtrisée et le respect des engagements contractuels, autant de facteurs indispensables à la solidité du tissu économique.

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