À Sandiara, la tension reste vive. L’air est de nouveau jugé irrespirable par les populations, qui dénoncent la persistance des odeurs nauséabondes et toxiques qu’elles attribuent aux activités industrielles de la zone. Malgré une forte mobilisation ayant rassemblé les habitants de la commune et des villages environnants, la situation demeure inchangée.
Face à cette situation, le « Mouvement pour l’intérêt de Sandiara » annonce avoir déposé une plainte afin que toute la lumière soit faite sur les causes et les responsabilités liées à cette crise environnementale qui dure depuis plusieurs années.
Selon Omar Sarr, coordonnateur du mouvement, une plainte contre X a été déposée auprès des autorités compétentes. Il explique que cette démarche vise à « déterminer les causes et les responsabilités de la situation désastreuse que vivent les habitants de Sandiara depuis 6 ans, à cause des odeurs nauséabondes et toxiques provenant des usines de la zone industrielle ».
Le responsable du mouvement alerte également sur les conséquences sanitaires auxquelles seraient exposées les populations. Il évoque notamment des problèmes respiratoires chez les enfants, des complications de santé chez les personnes âgées ainsi que des cas d’avortements répétés chez certaines femmes.
Dans une déclaration, Omar Sarr détaille les inquiétudes des habitants : « Les populations de Sandiara crient depuis plus de 6 ans contre ces odeurs insupportables, les conséquences sont dramatiques comme suite : morts subites chez les personnes âgées, des avortements à répétition chez les femmes, des maladies respiratoires graves chez les enfants, des activités interdites internationalement sont menées à Sandiara telles que le recyclage du plomb (pourtant interdit), des usines de farine de poisson (interdites partout en Afrique et dans le monde). »
Le coordonnateur du « Mouvement pour l’intérêt de Sandiara » appelle ainsi les autorités judiciaires à ouvrir une enquête approfondie sur les activités des unités industrielles concernées. Il demande notamment une vérification des conditions d’installation des usines, du respect des normes environnementales, de l’application du Code du travail sénégalais ainsi que de la gestion des déchets signalés à proximité des habitations.
« Nous demandons aux autorités judiciaires d’ouvrir une enquête approfondie sur les conditions d’installation de ces usines, sur le respect des normes environnementales, sur l’application du code du travail sénégalais et nous dénonçons aussi la présence de dépotoirs d’ordures toxiques près des habitations. C’est pourquoi, nous affirmons avec détermination notre volonté de poursuivre ce combat « de vie ou de mort » pour la santé des Sandiarois. »


