Obligé de renoncer à son projet de privatiser une partie de la Coupe du monde, Gianni Infantino, président de la Fifa, a vu son statut d’homme d’État sans État fragilisé. Au point de remettre en cause son statut de favori pour la prochaine élection, en mars 2027.


Gianni Infantino a annoncé, dans la nuit du vendredi 31 juillet au samedi 1er août, que le projet de privatiser une partie de la Coupe du monde était abandonné.

Avec son projet de vente d’une partie de la Coupe du monde, Gianni Infantino s’est mis dans une position délicate. L’UEFA et la Concacaf souhaitent un changement de gouvernance.

Un congrès extraordinaire pourrait se tenir, si un certain nombre d’associations soumettent une lettre écrite. Dans ce cas, une motion de censure pourrait être votée. Et Gianni Infantino serait démis de ses fonctions alors que tout laissait présager une nouvelle réélection en mars 2027.

Malgré l’abandon de son projet de création de société commerciale de la Fifa, Gianni Infantino reste dans la tourmente. Le patron de l’instance fait désormais face à une contestation grandissante de plusieurs dirigeants du football mondial et pourrait même avoir perdu l’un de ses alliés les plus influents: Donald Trump.

Gianni Infantino a-t-il tout perdu? Malgré l’abandon, dans la nuit de vendredi à samedi, de son projet de création d’une société commerciale de la Fifa afin d’en ouvrir le capital à des investisseurs privés, le patron du football mondial ne reste pas moins fragilisé par cet échec. Plusieurs fédérations nationales ainsi que l’UEFA souhaitent désormais son départ.

Et alors que sa réélection en 2027 pour un troisième mandat semblait déjà acquise il y a encore quelques semaines, le dirigeant suisse a même perdu de nombreux appuis au sein de la Fifa. À commencer par son conseiller principal Carlos Cordeiro, qui a démissionné avec effet immédiat vendredi après s’être opposé au projet dont il n’avait pas été informé.

Démenti, absence de réponse…

Gianni Infantino recherche ainsi à reprendre la main et recherche des soutiens visibles et publics. Parmi eux: Donald Trump. Selon les informations du New York Post, l’homme de 56 ans, se sentant « isolé » en raison du déferlement médiatique négatif dont il fait l’objet, a tenté de joindre à plusieurs reprises le président américain. En vain.

Il souhaitait également s’entretenir avec le secrétaire d’État, Marco Rubio, pour « discuter de la manière dont le football pouvait être une forme d’influence douce pour les États-Unis », a déclaré une source bien informée au média américain. « Mais nous savons tous qu’il s’agit avant tout de préserver les emplois. À ce stade, il n’est question de rien d’autre. Il recherche des alliés influents pour le soutenir publiquement. »

Une information rapidement démentie par l’adjoint du secrétaire d’État, Dylan Johnson. « Il n’y a aucun projet pour que Marco Rubio s’entretienne avec Infantino et il n’y a pas d’appel ce (lundi) matin », a-t-il écrit sur son compte X. Et la Maison Blanche semble vouloir se faire toute petite: interrogé par L’Équipe sur un soutien, maintenu ou pas, de Donald Trump à Gianni Infantino dans son rôle de président de la Fifa, le service de presse de la Maison Blanche n’a pas répondu.

Comme indiqué par RMC Sport, le président des États-Unis se retrouvait étroitement lié à celui de la Fifa dans son projet de société commerciale à travers le fonds Thrive Eternal, qui aurait pris la tête du groupe d’investisseurs. Son dirigeant n’est autre que Joshua Kushner, frère cadet du gendre de Donald Trump et fils de l’ambassadeur des États-Unis en France.

Des liens qui suscitent la polémique

La proximité entre Donald Trump et Gianni Infantino n’est d’ailleurs plus à démontrer. Alors que le dirigeant italo-suisse lui avait remis le prix de la Paix de la Fifa lors du tirage au sort de la Coupe du monde, les deux hommes se sont sérieusement rapprochés en marge de la compétition organisée aux États-Unis, apparaissant bras dessus, bras dessous tout au long du tournoi et n’hésitant pas à s’afficher ensemble en tribunes. Le président américain, qui a remis le trophée à l’Espagne en compagnie de son homologue, est même personnellement intervenu pour faire annuler un carton rouge attribué à Folarin Balogun, l’attaquant des États-Unis, avant un 8e de finale face à la Belgique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicite