Dans son édition du lundi, le journal Libération révélait qu’un jeune gérant mineur d’un commerce situé au marché Sandaga aurait détourné une importante somme d’argent appartenant à son père, sous l’influence de ses sentiments pour l’influenceuse M. Diagne, connue sous le pseudonyme de « Bébé Réma ».
Dans son édition du mardi, L’Observateur revient sur les détails de cette affaire en dévoilant le mode opératoire présumé du réseau qui aurait profité de la situation, le dispositif mis en place par la Brigade de recherches (BR) de Keur Massar, ainsi que la répartition des sommes retirées à la victime.
Selon le quotidien, l’enquête a été menée en un temps record après un soit-transmis du procureur Saliou Dicko. Pour interpeller Bébé Réma, les gendarmes auraient organisé un rendez-vous piégé au rond-point Cambérène, à Case Bi. Le mineur, placé sous surveillance, lui aurait fait croire qu’il détenait 15 millions de francs CFA destinés à un marabout afin de régler un déficit dans la comptabilité du commerce familial. L’influenceuse a été arrêtée dès son arrivée sur les lieux.
Lors de son audition, Bébé Réma aurait nié toute relation amoureuse avec le jeune garçon, affirmant qu’il était « juste un ami ». Elle a toutefois reconnu avoir reçu de sa part un véhicule, depuis restitué aux enquêteurs, ainsi qu’une somme de 9,5 millions de francs CFA destinée au financement de son commerce. Sa famille aurait versé un acompte de 4 millions de francs CFA et signé un protocole d’accord pour le remboursement du reste de la somme.
Les enquêteurs auraient également établi que le mineur ne se serait pas limité à des dépenses liées à ses sentiments, mais qu’il aurait aussi agi sous l’effet de pressions et de menaces répétées. Il aurait déclaré avoir remis 27 millions de francs CFA à un commerçant identifié comme El Hadji Seck, actuellement en fuite en Chine, plus de 22 millions à un styliste et son frère dans le cadre de projets commerciaux présumés fictifs, 5 millions à deux autres personnes pour un supposé commerce d’habillement, ainsi que plus de 10 millions à un coiffeur pour l’ouverture d’un salon.
Toujours selon L’Observateur, cinq des six personnes interpellées ont été remises en liberté après avoir engagé des procédures de remboursement ou conclu des accords de médiation avec le père de la victime. Le coiffeur C. A. T. Seck reste toutefois en garde à vue, n’ayant pas été en mesure de présenter des garanties pour le remboursement des fonds reçus.
