Une infection urinaire pendant la grossesse augmente le risque de naissance prématurée, mais une étude suggère que les bactéries ne seraient peut-être pas les seules en cause.

L’accouchement prématuré est la principale cause de mortalité infantile, entraînant plus d’un million de décès néonatals par an dans le monde. L’infection urinaire maternelle pendant la grossesse augmente le risque de naissance prématuré. Cependant, « les mécanismes reliant ces deux phénomènes restent mal compris », d’après des chercheurs du Baylor College of Medicine (États-Unis). C’est pourquoi, dans une nouvelle étude parue dans la revue Science Translational Medicine, ces derniers ont voulu se pencher sur le sujet.

Grossesse : l’infection urinaire est associée au déclenchement d’un travail précoce

Dans le cadre des travaux, l’équipe a établi un modèle expérimental d’infection urinaire maternelle chez la souris. À partir de ce modèle, elle a examiné les médiateurs de la réponse immunitaire dans l’urine de femelles en gestation. « Nous avons été surpris de constater que notre modèle murin reproduisait les manifestations cliniques observées chez l’être humain », a précisé Samantha Ottinger, doctorante au sein du programme d’immunologie et de microbiologie et membre du laboratoire Patras, qui a dirigé les recherches. En effet, après avoir inoculé une souche d’Escherichia coli responsable d’infections urinaires, environ la moitié des femelles ont subi un travail et un accouchement prématurés. « Ce résultat a suscité notre curiosité, car nous nous attendions à ce que l’accouchement prématuré survienne chez une proportion plus importante de souris en gestation si l’infection bactérienne elle-même était à l’origine du travail. »

Le risque d’accouchement prématuré est lié la réponse immunitaire maternelle aux infections urinaires

Selon des analyses complémentaires, l’accouchement prématuré ne nécessitait pas de dissémination bactérienne de la vessie vers l’appareil reproducteur. En clair, c’est la réponse immunitaire de la femme enceinte à l’infection urinaire qui déclenche ces issues défavorables. « Bien que la charge bactérienne fût similaire, les femelles ayant accouché prématurément présentaient une inflammation vésicale excessive, des taux élevés de cytokines placentaires et déciduales, une proportion plus importante de fœtus mâles et une concentration sérique maternelle en interleukine-10 plus faible que les femelles dont le travail et l’accouchement n’a pas été déclenché », peut-on lire dans l’étude.

Afin de transposer ces résultats à l’être humain, les auteurs ont analysé les cytokines urinaires chez des femmes enceintes et les ont mises en association avec les issues de la grossesse et les résultats des cultures d’urine. Constat : les cytokines associées à l’immunité médiée par les lymphocytes T étaient également liées à l’accouchement prématuré. Afin de réduire les complications de grossesse, les scientifiques ont administré l’interleukine-10 (cytokine) dans les ganglions lymphatiques des rongeurs. Cela a permis de réduire la présence de lymphocytes T auxiliaires de type 17 (cellules TH17) au niveau du placenta et de prévenir la prématurité.

Dans les conclusions, l’équipe a indiqué que ces données fournissent un modèle pour comprendre comment une infection urinaire pendant la grossesse peut entraîner une naissance prématurée. « Combiné à l’analyse d’échantillons de patientes, il peut servir à identifier des biomarqueurs candidats et des cibles mécanistiques pour de futures recherches. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicite