L’entourage du chef de l’État défend un report possible jusqu’au 31 décembre 2027, quand ses détracteurs y voient un calendrier arrangé pour laisser grandir le nouveau parti présidentiel Kiiraay

Le décret présidentiel qui doit lancer les municipales et départementales reste introuvable. Vendredi 18 septembre, la présidence a pourtant montré qu’elle savait aller vite : le décret n° 2026-1645, qui ordonne la présentation du projet de loi de finances rectificative, était transmis à l’Assemblée nationale le jour même de sa signature. Pour les élections locales, dont le scrutin est attendu le 17 janvier 2027, aucun texte n’a été publié.

Dans son article publié par Jeune Afrique, Mehdi Ba relève que le conseil des ministres de rentrée du 2 septembre n’a pas évoqué le sujet. Le porte-parole de la présidence n’a pas répondu aux sollicitations du magazine depuis le 20 juillet. Le mandat des élus locaux expire pourtant fin janvier 2027.

Dans l’entourage présidentiel, une voix s’exprime, celle d’Aminata Touré. La haute représentante du chef de l’État, qui préside aussi le comité d’implantation du nouveau parti présidentiel Kiiraay, soutient que la loi permet de repousser le scrutin jusqu’au 31 décembre 2027. Interrogée par Mehdi Ba, elle voit dans les deux ordonnances de la Cour suprême, rendues les 27 et 31 août, la confirmation que l’initiative appartient au seul président. La juridiction a rejeté les requêtes de l’opposition et d’un collectif citoyen, jugeant l’urgence insuffisamment établie. « Pourquoi devrait-il fixer le calendrier des locales quinze mois à l’avance ? », interroge-t-elle.

Également cité par le journaliste de JA, le président du Forum du justiciable, Babacar Ba, admet qu’un glissement jusqu’à fin 2027 puisse être légal, mais récuse la méthode. Un report ne serait possible, selon lui, qu’en cas de « circonstances exceptionnelles », et il n’en connaît aucune qui empêcherait un vote en janvier. Il relaie surtout une perception largement partagée : le chef de l’État chercherait du temps pour « massifier son parti » avant l’épreuve des urnes, ce qu’il juge « extrêmement grave ».

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