Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a repris les airs, accompagné de la Première dame Marie Khone Faye (l’an passé, disent les fins analystes politiques et les observateurs diplomatiques, c’était au tour de l’autre !), lundi 21 septembre 2026 pour New York où se tient, du 22 au 28 septembre, l’Assemblée générale des Nations unies.
Apparemment, il n’aura pas le temps de chômer : le peuple des contribuables sénégalais n’a pas droit cette année-ci à la sacro-sainte partie de Scrabble… Vous savez bien, ce grand moment de sport cérébral, que dis-je, de respiration intellectuelle, avant de prendre d’assaut la tribune des Nations unies pour y délivrer, mains dans les poches ou doigts dans le nez, le message urbi et orbi du Sénégal en marche pour 2050, son baobab en bandoulière.
Après un entretien avec son homologue burundais dont le pays a daigné présenter la candidature de Macky Sall à la succession de Antonio Guterres au secrétariat des Nations unies, le Président sénégalais s’entretiendra par la suite avec Emmanuel Macron, son homologue français, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, détenteur d’un droit de veto, en présence de Macky Sall, lequel n’en mène pas large, après le troisième vote indicatif…
Alors qu’il bénéficie, lors du premier vote du 30 juillet 2026 de six voix pour, sept contre et deux neutres, arrivant à la cinquième place, au vote suivant, le 21 août 2026, Macky Sall gagne une place, arrivant quatrième, même si les votes ne bougent pas : six pour, sept contre et deux neutres.
Là, avec le troisième scrutin du 18 septembre 2026, il y a comme une douche froide… Malgré le soutien de la République du Sénégal, intervenu après son retour triomphal à Dakar, Macky Sall perd une voix favorable et en enregistre deux supplémentaires d’hostiles : cinq pour, neuf contre et une neutre. Avec, à la clé, un recul à la cinquième place.
Pour dire que c’est mal barré, et on se demande pour qui : Diomaye ou Macky ?
Ce qui se profilerait au grand galop, ce serait l’élection de Madame Rebeca Grynspan, Sud-Américaine, plus précisément du Costa Rica, qui bénéficie, lors de ce troisième tour, des neuf voix favorables du minimum requis pour être désignée, cinq hostiles et une neutre. Sa suivante, la Guyanaise Carolyn Rodriguez-Birkett, huit voix pour, six voix contre et une neutre. La candidature de l’Ougandais Olara Otunnu, qui arrive juste avant Macky Sall avec cinq voix pour et sept contre, semble expliquer la baisse de régime du Sénégalais qui n’incarne plus à présent la seule candidature africaine…
P’tit souci qui risque d’aller grandissant : si Macky Sall se plante lors de cette élection du Secrétaire général des Nations unies, c’est sans doute sur la Présidentielle de 2029 qu’il ne manquera pas de concentrer ses efforts.
Bassirou Diomaye Faye et son Kiiraay naissant ont déjà fort à faire avec Pastef qui n’a de cesse de leur mettre les bâtons dans les roues : avec les menaces de motion de censure et la volonté affichée de, euh, encadrer les fonds politiques présidentiels, la déclaration de guerre de ses anciens camarades est à peine voilée.
C’est vrai, les démissions fracassantes dans les rangs de Pastef se multiplient, tout comme ceux de l’Apr… Direction ? Kiiraay dont le parapluie devient de plus en plus attrayant après chaque Conseil des ministres qui vire les Pca et Dg proches de Ousmane Sonko : les postes prestigieux pleuvent sur les nouveaux camarades du Président. Tout ça pour vous dire qu’il y a comme de l’électricité dans l’air, mais de moins en moins dans les foyers : la double peine.
D’abord, cette sulfureuse affaire de l’Aser à propos de laquelle plus de trente-cinq milliards de misérables francs Cfa seraient introuvables.
Excusez du peu…
L’infatigable député Thierno Alassane Sall a beau le seriner depuis plus d’un an, Bachir Fofana a beau jeter énergiquement un pavé dans la mare, on est comme un peu lent à la détente du côté du gouvernement, sur cette question électrique.
De toutes manières, Maïmouna Dièye, survoltée du temps de sa splendeur, défend si joliment son collègue de gouvernement, devenu entre-temps maire de Dakar par effraction : «Sô ko lèkê, yâ tèye !»
Apparemment, il y a du boulot pour les corps de contrôle dans le secteur de l’énergie : on n’a même pas mis la lumière sur cette affaire qui plonge dans le noir des villages entiers qu’un autre pétard s’allume…
Cette fois, c’est, au nom du souverainisme, un contrat qui est résilié dans le secteur du pétrole, «à l’amiable et sans contrepartie financière» avec Kosmos Energy sous le Gouvernement Sonko 2, et que dénonce l’actuel Premier ministre en pleine Déclaration de politique générale : le manque à gagner à la louche, dénonce-t-il, serait de cinquante-cinq millions de dollars.
En creusant un peu plus, le gouffre financier se révèle abyssal : la valeur des données collectées et qui constitueraient le patrimoine du Sénégal, s’élèverait à deux cent cinquante-cinq millions de dollars, soit cent quarante-cinq milliards de francs Cfa… Ils ne sont pas perdus pour tout le monde ?
Si ce n’était que ça…
En plus de souffrir de la vague des délestages qui reprennent de plus belle ces derniers temps en pleine canicule, on découvre avec stupeur une campagne d’actes de vandalisme : treize postes de courant de la Senelec dépouillés à Sébikotane
Des cambrioleurs ou des terroristes ?
L’enquête ne manquera pas d’édifier l’opinion, certes. Cependant, dans beaucoup de têtes, ça fait tilt : rappelez-vous, au plus fort des affrontements entre Pastef et le régime de Macky Sall, les appels au sabotage de la centrale électrique du Cap des Biches, les tentatives de destruction des câbles du Ter, le saccage des stations du Brt…
Là, avec l’ambiance électrique qui règne au sommet de l’Etat, on a vite fait de tirer des conclusions hâtives, en bons Sénégalais.
