Le football sénégalais aborde un tournant décisif, mais l’erreur serait de croire qu’il faut réinventer la roue. Champion d’Afrique, solide au niveau mondial et uniquement stoppé par le gratin du football international, le Sénégal possède une identité forte.
Vouloir tout chambouler sous prétexte que du sang neuf intègre la tanière serait un contresens tactique. La cohérence logique veut que le nouveau sélectionneur s’appuie sur les acquis laissés par Pape Thiaw, en y injectant progressivement de nouvelles forces.
La colonne vertébrale des Lions de la Teranga reste le meilleur gage de sécurité pour l’avenir.
Balayer l’expérience de Kalidou Koulibaly serait une faute majeure. Confirmé dans son rôle de « Capi », son esprit revanchard et son leadership restent indispensables pour aborder les grandes échéances de l’été prochain.
Un milieu sous contrôle
Idrissa Gana Gueye demeure le fer de lance de l’entrejeu, apportant la maturité et le calme nécessaires pour réguler le tempo.
Le passage de témoin dans les cages
La retraite internationale d’Édouard Mendy ouvre officiellement l’ère de Yevann Diouf, qui hérite du rôle redoutable mais ô combien excitant de dernier rempart.
Face aux suspensions et aux blessures qui déciment l’attaque habituelle (Mané, Sarr, Ndiaye), le match contre le Mozambique à Maputo se présente comme un laboratoire à ciel ouvert. L’absence de Krépin Diatta offre une voie royale à Lamine Sy dans le couloir, tandis que le duo Mbaye – Assane Diao a toutes les cartes en main pour dynamiter la défense des Mambas grâce à leur explosivité.
Les nouveaux arrivants ne doivent pas être lancés dans le grand bain sans bouée de sauvetage. Le match amical contre les Comores, programmé au Stade Vélodrome de Marseille, arrive à point nommé. C’est précisément dans ce genre de rencontre sans pression comptable que la nouvelle garde doit prouver sa valeur et s’intégrer, sans fragiliser les fondations d’une équipe qui sait déjà gagner.
