L’affaire aurait commencé le 20 septembre par un renseignement : des individus détiendraient des coupures noircies de 100 dollars et chercheraient un technicien capable de les « laver ». Transmise à la Brigade de recherches de Faidherbe, l’information aurait conduit à la préparation d’une opération destinée à identifier les détenteurs de ces billets et leurs éventuels partenaires. 
  
Selon le récit publié par L’Observateur, deux gendarmes sont désignés pour se faire passer pour des techniciens spécialisés. Leur couverture doit leur permettre d’entrer en contact avec les personnes recherchées sans éveiller leurs soupçons. Les enquêteurs parviennent ainsi à obtenir le numéro de Diégane Faye, également connu sous le nom de Saltigué Dibo. 
  
Un premier rendez-vous est organisé à la station EDK de Technopole. Diégane Faye s’y présente, d’après le journal, avec deux échantillons de billets noirs de 100 dollars. Les discussions se poursuivent, mais la quantité proposée est alors jugée insuffisante par les interlocuteurs infiltrés. 
  
Le lendemain, lundi 21 septembre, une deuxième rencontre permet aux gendarmes de renforcer leur couverture. Cette fois, Diégane Faye aurait apporté dix coupures. Les agents simulent une opération de traitement, puis lui remettent un véritable billet de 100 dollars pour le convaincre de leur capacité à réaliser le travail demandé. 
  
Un troisième rendez-vous est ensuite fixé dans la matinée. Diégane Faye aurait alors remis aux agents une boîte contenant 160 coupures de 100 dollars destinées à être traitées. Une équipe intervient discrètement pour procéder à son arrestation. 
  
C’est au cours de cette phase que le nom de Reug-Reug serait apparu. Selon L’Observateur, Diégane Faye aurait expliqué travailler avec des personnalités du milieu de la lutte. Il aurait ensuite cité le lutteur et établi le contact avec Mamadou Bamba Ndiaye, surnommé « Usine », présenté par le quotidien comme l’oncle maternel de Reug-Reug. 
  
L’opération se déplace alors aux Maristes. Les gendarmes investissent un appartement meublé dans lequel ils poursuivent leur mise en scène. « Usine » y est conduit et aurait accepté les modalités d’un partage prévoyant 70 % pour lui et Reug-Reug, contre 30 % pour les prétendus techniciens. 
  
Selon les éléments rapportés par le journal, Reug-Reug arrive vers 19 heures à bord d’un véhicule de marque Mazda. Il en sort un carton qu’il apporte dans l’appartement. À l’ouverture, les enquêteurs y découvrent des billets noirs. Le lutteur aurait alors évoqué un stock représentant environ 750 millions de francs CFA et la possibilité de contacter un autre fournisseur. 
  
Le signal d’intervention est ensuite donné. L’Observateur indique que la contrevaleur totale des billets noirs saisis avoisinerait 900 millions de francs CFA. Ce montant correspond à l’évaluation annoncée dans l’enquête, et non à une saisie de cette somme en monnaie authentique. 
  
Le quotidien évoque des poursuites pour association de malfaiteurs, détention de matières destinées à la contrefaçon de billets de banque ayant cours légal et tentative de corruption. Un déferrement était envisagé, probablement le lundi , tandis que trois autres personnes étaient encore recherchées.

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