Les lycéens dénoncent des classes surchargées, des professeurs absents et un manque de personnels éducatifs et médico-sociaux
La mobilisation de lycéens dénonçant leurs conditions d’étude s’est étendue ces derniers jours en Île-de-France. Plusieurs dizaines d’établissements ont été touchés par des blocages, tandis que le gouvernement a annoncé un renforcement de la sécurité après des incidents.
Apparu notamment à Créteil, dans le Val-de-Marne, le mouvement a gagné plusieurs communes de la région parisienne. Selon plusieurs médias français, des mobilisations ont été observées à Saint-Denis, Aubervilliers, Saint-Ouen et au Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, ainsi qu’à Limeil-Brévannes, dans le Val-de-Marne.
Les lycéens dénoncent des classes surchargées, l’absence de professeurs et les difficultés à les remplacer, ainsi que le manque de personnels éducatifs et médico-sociaux. Certains signalent également la dégradation des bâtiments, des problèmes sanitaires et de fortes chaleurs dans les salles de classe. Des témoignages font état de classes de 35 à 37 élèves.
« L’année dernière, pendant cinq mois, on n’a eu aucun prof de matières pro. Il n’y avait pas de remplaçant, il n’y avait rien du tout », a témoigné un lycéen.
Le manque d’enseignants avait déjà suscité des inquiétudes à la rentrée. Selon deux enquêtes syndicales publiées en septembre et relayées par Le Monde, plus de la moitié des collèges et lycées publics interrogés étaient privés d’au moins un professeur durant la première semaine de cours. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a contesté la portée de ces chiffres, assurant que le nombre de postes encore vacants dans le second degré était nettement inférieur.
Les syndicats lycéens veulent étendre le mouvement
L’Union syndicale lycéenne (USL) entend s’appuyer sur la mobilisation de la fonction publique pour étendre le mouvement et multiplier les blocages.
« Le gouvernement ne comprend pas les pétitions et les manifestations. Donc on espère que cette fois-ci, ils comprendront et qu’ils prendront conscience qu’il faut s’attaquer au réel sujet », a déclaré un représentant du syndicat.
Le président de l’USL, Ryad Rani, a également dénoncé le manque de personnels dans les établissements, citant notamment les assistants d’éducation, les infirmiers, les assistants sociaux et les personnels de direction.
La mobilisation a toutefois été marquée par des incidents. Une dizaine de lycées ont été le théâtre de violences ou de dégradations la semaine dernière. Un proviseur a été blessé et 31 personnes ont été interpellées dans l’agglomération parisienne. Des tirs de mortiers d’artifice et des actes de vandalisme ont aussi été signalés aux abords de certains établissements.
Le gouvernement renforce la sécurité
Face à ces incidents, le gouvernement a décidé de renforcer la sécurité autour des lycées. Dans une circulaire, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et Édouard Geffray rappellent que « si l’expression des lycéens doit être respectée, les actions violentes ne sauraient être tolérées ».
Les forces de l’ordre sont appelées à intervenir contre les auteurs d’infractions et à veiller au maintien de l’ordre aux abords des établissements. En cas de « blocage total » d’un lycée, une intervention pourra être engagée après concertation avec le chef d’établissement.
Le mouvement suscite également une controverse politique. Édouard Geffray a accusé certains élus de La France insoumise (LFI) d’encourager les blocages, dénonçant une « instrumentalisation politique de la jeunesse ». Le député LFI Louis Boyard a, de son côté, apporté son soutien aux lycéens et appelé à élargir la mobilisation, en soulignant les inégalités de moyens entre établissements.
Édouard Geffray doit se rendre lundi dans un lycée de Créteil pour rencontrer des élèves mobilisés et des membres de la communauté éducative. La poursuite du mouvement cette semaine permettra d’en mesurer l’ampleur au-delà des établissements déjà mobilisés en région parisienne.
