Après près d’un an d’exil, Umaro Sissoco Embaló entend revenir sur la scène politique bissau-guinéenne, alors que le pays s’apprête à sortir de la transition militaire. Son retour annoncé intervient dans un contexte institutionnel encore fragile, marqué notamment par l’adoption d’une nouvelle Constitution et les contestations de l’opposition.

L’ancien président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló (photo) a annoncé, le lundi 28 septembre, son intention de revenir en Guinée-Bissau et de se présenter à l’élection présidentielle prévue le 6 décembre 2026. En exil depuis son renversement par l’armée le 26 novembre 2025, il n’a toutefois pas précisé la date de son retour.

Cette annonce intervient alors que le pays se prépare à des élections présidentielle et législatives destinées à mettre fin à la transition militaire et à rétablir un pouvoir civil.

Une transition toujours contestée

Le 26 novembre 2025, l’armée a pris le contrôle de Bissau alors que le processus électoral était en cours, à la veille de l’annonce des résultats de la présidentielle. Un pouvoir militaire dirigé par le général Horta N’Tam s’est ensuite installé pour conduire une transition d’un an.

Les autorités de transition ont engagé une réforme institutionnelle, approuvée lors du référendum constitutionnel du 30 août 2026, lors duquel le « Oui » a recueilli 70 % des suffrages, pour une participation de 62,6 %. La réforme vise, selon le régime militaire, à réduire les tensions entre la présidence et la Primature et à renforcer la stabilité institutionnelle.

Le processus reste cependant contesté par l’opposition. Le PAIGC, principale force d’opposition, avait appelé au boycott du référendum, estimant que les conditions nécessaires à une consultation crédible n’étaient pas réunies.

La tenue des élections en décembre doit ainsi permettre à la junte de mettre fin à la transition et de répondre à l’objectif de retour à l’ordre constitutionnel défendu par la CEDEAO.

Des indicateurs économiques en amélioration

Sur le plan économique, la présidence d’Embaló a été marquée par une amélioration des principaux indicateurs macroéconomiques, portée par de bonnes campagnes de cajou et par des réformes soutenues par le Fonds monétaire international (FMI).

Selon la Banque africaine de développement (BAD), la croissance est passée de 4,1 % en 2024 à 5,8 % en 2025, tandis que le déficit budgétaire a reculé de 8,1 % à 6,9 % du PIB et la dette publique de 82,7 % à 76 % du PIB. L’inflation s’est établie à 2 % en 2025.

Cette embellie reste toutefois fragile. L’économie demeure fortement dépendante de la noix de cajou, tandis que les recettes fiscales ne représentaient que 8,5 % du PIB en 2025, selon la Banque mondiale. Les fragilités institutionnelles et financières continuent ainsi de limiter la diversification de l’économie.

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