Jusqu’ ici, les 70% des problèmes, crises, conflits traités par le conseil de sécurité, concernent le continent africain : le combat contre l’ apartheid en Afrique du Sud, les guerres de libération en Afrique australe, de l’ Est en passant par le génocide rwandais en 1994 ,la guerre civile au Soudan, en RDC, la corne de l’ Afrique. Le conseil de sécurité décide de voter des résolutions auxquelles, les concernés n’y participent pas, ne sont pas consultés ni même informés. On peut considérer ce conseil de sécurité comme le gouvernement mondial Car les cinq membres permanents que sont les états Unis, Russie, Chine, royaume Uni et France, dominent outrageusement tous les classements internationaux en matière militaire, économique, d’influence, de projection et de maîtrise de l’ IA.
Dans ce club de première division, les états Unis restent de loin pour le moment, restent l’ hyper puissance globale avec 100 bases militaires à l’ étranger réparties sur tous les continents, 11 portes avions, maîtrise totale des forces aéroportées ( mer / terre ) et l’ armement de l’ IA dans l’ atmosphère. Le Pentagone vient de la reconnaître. Ce qui a entraîné tout de suite la réaction chinoise. Ce prouve la nécessité de réguler l’utilisation de l’ IA.
La deuxième puissance mondiale membre du conseil de sécurité, occupe la deuxième place en matière militaire et technologique avec plus d’ ogives nucléaires que les états Unis. Et la troisième puissance mondiale montante est la Chine. Elle a atteint une parité stratégique régionale redoutable grâce à une modernisation accélérée. La France arrive en 6ème position dans la hiérarchie militaire mondiale. Comment voulez-vous que ces puissances militaires, économiques qui occupent, modèlent, façonnent le monde puissent lâcher leurs prérogatives et leurs statuts au profit d’ autres ? Et surtout pas à l’ Afrique.
De 1945 à 1991 les relations internationales étaient régies par la bipolarité, entre les deux camps opposés idéologiquement : Capitalisme contre socialisme. Les organisations multilatérales : ONU, OMS, le GATT devenu OMC, ne jouaient pas un rôle important comme c’ était indiqué au moment de leur création. Les grandes crises Internationales comme celles des fusées soviétiques installées à Cuba en 1962, la crise des Euro missiles dans les années 1980 , se réglaient entre les deux protagonistes par le téléphone rouge ( moyen de contact entre les super grands en cas de menaces graves sur la paix mondiale) .
La chute de l’ URSS en 1990, les guerres déclenchées par les Etats Unis après la destruction des deux tours jumelles le 11/09/2001 contre l’ Irak, l’ Afghanistan, la montée en puissance de la Chine dans les années 2000, et le retour de la Russie au premier plan, redonnent au conseil de sécurité un nouveau souffle. Le monde ne s’ est jamais construit sur l’ amour mais plutôt sur une logique de rapport de force. Le retour desh nationalismes partout sur la planète, avec la mosaïque de conflits, annonce Le retour brutal des vieilles logiques impériales, culturelles, et stratégiques. Le monde ne se gouverne pas avec de bonnes intentions, il est en permanence négocié, contesté, parfois imposé par la force ou même renversé. Les rapports mondiaux de domination imposés par les membres du conseil de sécurité, se font sans lissage institutionnel, sans recours aux organisations multilatérales en l’occurrence l’ ONU.
Une réforme de ce conseil de sécurité est elle envisageable ? Souhaitée ?
En 2005 par le consensus d’ Ezulwini et la déclaration de Syrte en Libye, l’ Union africaine exige l’ octroi d’ au moins deux ( 2 ) un sièges permanents avec droit de veto et de 5 sièges non permanents pour le continent africain. La demande est faite et en plus réaffirmée par l’ ambassadeur américain aux nations unies : Linda Thomas Greenfield. Aucune portée significative, ni avancée.
Pourquoi le dossier africain n’ avance pas ?
La première raison de la non réforme du conseil de sécurité procède à des logiques de positionnement géopolitique : La Chine pour des raisons historiques vis-à-vis de ses voisins immédiats ( Japon et Inde ) , ne tient pas à ce que ces puissances économiques et militaires siègent au conseil de sécurité avec le fameux droit de veto ) . Rappelons que Chine de 1894- 95 jusqu’à la victoire du PC chinois en 1949 , le Japon a occupé, pillé, incendié, humilié les populations chinoises sous son contrôle : Manchourie, Nankin. Pour l’ Inde, c’est un rapport de force, une question de stature et de leadership régional. Les mêmes raisons qui ont prévalu pour la Chine vis à vis de l’ Inde et du Japon, peuvent être invoquées pour la France : une réforme du conseil de sécurité qui verrait l’ entrée de l’ Allemagne, la Pologne, l’ Italie, de l’ Espagne avec droit de veto, ne serait pas vu d’ un bon œil. Bref tout est fait pour que ça ne bouge pas.
La deuxième raison de la non reforme du conseil de sécurité, est plutôt technique et là, on ne Va pas rentrer dans les détails.
Pour l’ Afrique dans tout ça avec sa demande d’ octroi de deux sièges permanents et 5 sièges non permanents au conseil de sécurité. Cette demande n’ est fondée ni sur une puissance économique à démontrer, ni sur un positionnement géopolitique que les autres désireraient, ni même sur une cohésion entre les états africains eux-mêmes.
La démographie dont elle se prévaut ( 2,5 milliards en 2050 ) n’ est pas suffisante pour légitimer sa demande.les raisons de cette insuffisance sont bien documentées : pour parler au monde, il faut être fort ( l’ Afrique ne l’ est pas ) . Le panafricanisme qui est régulièrement évoqué, ne répond pas aux exigences du nouveau monde parce qu’il n’ est pas porté par personne. Donc c’est une coquille vide. Sur la pratique ça ne marche pas. L’ Union africaine n’ est même pas capable de mettre de l’ ordre chez elle, dans les conflits qui déchirent le continent, elle se contente de communiqués inaudibles : conflits en RDC, au Soudan, les coups d’ états qui ravagent le Sahel. L’ autre faiblesse de l’ Afrique dans sa demande de sièges permanents, c’est qu’ elle n’ a pas une identité collective, elle ne parle pas de manière collective, unique, elle reste muette même sur les sujets qui la concernent directement.
L’ Afrique n’ est pas une puissance économique majeure, son économie est sous perfusion, ses marges de manœuvre étroites voire sous contrôle du FMI et de la banque mondiale ( l’ exemple du Sénégal avec les dettes cachées, ). Au sens propre, l’ Afrique n’ est pas une puissance militaire, mais a, à son sein des pays avec des armées assez conséquentes : l’ Algérie 2’eme puisse militaire derrière l’ Egypte. Donc militairement, elle ne pèse pas.
L’ Afrique a toujours eu un mal fou à déchiffrer, à lire les bouleversements mondiaux qui s’opèrent devant nous. Ses dirigeants à la tribune des nations unies ( 81 ème session de l’ assemblée générale ) ont tous invoqué le multilatéralisme comme antidote au nouveau monde qui émerge. Force est de constater que c’est un décalage qui n’ est pas acceptable pour nos populations.
Les faiblesses de la candidature africaine au conseil de sécurité étant listées, que doit faire le continent ?
Pour se développer, il n’ y a pas mille solutions . Il faut récupérer tous nos talents éparpillés un peu partout dans le monde et les faire revenir sur le continent. Parler, agir ensemble serait le meilleur remède pour accélérer l’ émergence et de sortir de l’ indigence, nos écoles instituts universités doivent être orientés vers la capacité, s’ orienter vers une monnaie unique ou commune ( celui qui ne contrôle pas sa monnaie, ne dirige pas, il gère ) , transformer nos matières premières sur le continent pour ne plus acheter les produits finis à des prix exorbitants ( éviter d’ acheter la pauvreté ), produire nos médicaments, développer les études spatiales car celui qui ne contrôle pas son propre Ciel , ne peut maîtriser la météo. Il faut que l’ Afrique lise elle-même sa météo en lien avec l’ IA qui ouvre des possibilités immenses mais à contrôler quand même.
Le respect de la vie communauté internationale passe par ce travail en interne, il ne se gagne pas par la morale, ni par la charité.
La Chine a montré l’exemple : la seule fois où le conseil de sécurité a été élargi, c’ était en 1971 avec l’ appui des 26 états africains sur 76 en tête l’ Algérie et la Tanzanie leader à l’ époque du tiers monde . Grâce aux voix Africaines, la Chine est admise à l’ ONU avec droit de veto. La Chine à l’ époque, présentait deux caractéristiques : les états Unis en avaient besoin pour leur politique d’ endiguement contre l’ Union soviétique. Pour les africains, c’ était un des leurs ( tiers monde) d’ intégrer l’ ONU avec droit de veto.
Est ce que l’Afrique présente aujourd’hui la même désirabilité que la Chine d’ alors ? La réponse est non.
L’ ordre international aujourd’hui est basé sur la force où son utilisation est conditionnée par la sauvegarde des intérêts économiques. Donc pour être audible de tous, l’ Afrique doit travailler la puissance dans tous les domaines, puissance, puissance rien que la puissance.
