La Plateforme interopérable du Système de paiement instantané (Pi-Spi) de l’Uemoa poursuit son déploiement. Au 30 septembre 2026, l’infrastructure comptait 175 structures connectées et permettait à plus de 38 millions de personnes d’accéder aux services de paiement instantané. À compter du 2 novembre 2026, les transactions de monnaie électronique interopérables au sein de l’Union devront obligatoirement passer par cette plateforme.
Lancée le 30 septembre 2025, la Pi-Spi franchit ainsi une nouvelle étape dans la modernisation des paiements numériques au sein de l’Uemoa. Le Sénégal se distingue avec 43 structures connectées, soit le nombre le plus élevé enregistré dans un pays de l’Union.
Dans un communiqué publié le 2 octobre 2026, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) précise les nouvelles modalités de fonctionnement du dispositif. Elle indique qu’à partir du 2 novembre, les transactions de monnaie électronique interopérables devront être effectuées exclusivement par l’intermédiaire de la plateforme Pi-Spi.
Des transferts nationaux gratuits jusqu’à 8 000 FCfa
La nouvelle réglementation prévoit notamment une politique de gratuité ciblée. À l’envoi, les transferts nationaux dont le montant cumulé quotidien est inférieur ou égal à 8 000 FCfa par utilisateur et par participant sont gratuits, sans limitation du nombre d’opérations.
Selon la Bceao, ce seuil permet de couvrir environ 75 % des transactions de monnaie électronique réalisées dans l’Uemoa.
Pour les transferts nationaux d’un montant supérieur à 8 000 FCfa, des frais peuvent être appliqués. Leur taux est compris entre 0 et 0,8 % du montant hors taxes du transfert.
À la réception, en revanche, les transferts sont entièrement gratuits, sans limitation de montant ni de nombre d’opérations.
La Bceao précise par ailleurs que les transactions de monnaie électronique effectuées entre les différents pays de l’Uemoa bénéficient des mêmes conditions que les transferts réalisés au niveau national.
Renforcer l’inclusion financière
À travers ces nouvelles dispositions, la Banque centrale entend notamment renforcer l’inclusion financière en ciblant davantage les populations susceptibles de bénéficier de la gratuité. Il s’agit également d’étendre la gratuité des transferts à l’échelle régionale, d’améliorer la qualité et la disponibilité des services et de favoriser l’émergence de nouveaux usages.
Pour Tossouve Renaude Martinie, professionnelle des paiements & de la monétique Banque, Fintech et Mobile Money, l’enjeu dépasse toutefois la seule question de la gratuité.
Selon elle, la véritable transformation réside dans la capacité de l’écosystème à développer des paiements plus accessibles, instantanés, interopérables et disponibles, tout en favorisant l’apparition de nouveaux usages.
Cette évolution implique, selon cette spécialiste, une adaptation de l’ensemble des acteurs du secteur, notamment les banques, les établissements de paiement, les établissements de monnaie électronique et les fintechs. Ceux-ci devront notamment repenser les parcours clients, l’intégration des systèmes, la disponibilité des plateformes, la gestion des risques et de la fraude, l’expérience utilisateur ainsi que les modèles économiques associés aux paiements digitaux.
« Pi-Spi n’est donc pas seulement un moyen de transférer de l’argent. C’est une infrastructure qui peut contribuer à transformer durablement l’écosystème des paiements dans l’Uemoa. Et pour les professionnels qui souhaitent évoluer dans les domaines du paiement digital, de l’interopérabilité et des systèmes de paiement, comprendre ces transformations devient essentiel », explique Tossouve Renaude Martinie.
Avec 175 structures déjà connectées et une entrée en vigueur de nouvelles règles prévue le 2 novembre 2026, la Pi-Spi s’impose progressivement comme un outil central de l’écosystème des paiements numériques dans l’espace communautaire.
