En visite officielle en Espagne à l’occasion du XIVᵉ Congrès international Conxemar-Fao-Mapa, la ministre des Pêches et de l’économie maritime, Amy Mara Dièye, a plaidé pour une gestion moderne, équitable et traçable des ressources aquatiques. Entre lutte fermement engagée contre la pêche illicite et quête de partenariat stratégique avec Madrid, Dakar entend faire de la digitalisation et de la transformation locale les piliers majeurs de sa souveraineté alimentaire.
C’est sous la bannière du «Smart Blue Leadership» que les grands décideurs mondiaux du secteur des produits aquatiques se sont réunis ce 5 octobre à Vigo. Portant la voix du Sénégal lors de ce XIVᵉ Congrès international Conxemar-Fao-Mapa, la ministre des Pêches et de l’économie maritime, Amy Mara Dièye, a martelé l’urgence d’une refonte axée sur la durabilité, la traçabilité et la valorisation locale. Positionnant son action en droite ligne de la Vision Sénégal 2050 et de l’Agenda national de transformation, la ministre a rappelé que l’avenir de la pêche artisanale et industrielle repose sur une régulation stricte et inclusive.
La lutte contre la pêche Inn : 26 points de conformité déjà validés
Au cœur de la stratégie sénégalaise, réside la tolérance zéro face à la pêche Illicite, non déclarée et non réglementée (Inn). Lors d’un entretien bilatéral constructif avec Isabel Artime, Secrétaire générale du ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’alimentation, Amy Mara Dièye a souligné les progrès majeurs accomplis par Dakar auprès des partenaires européens : pas moins de 26 points ont déjà été pleinement satisfaits. Une avancée saluée par la partie espagnole, qui a réaffirmé le statut du Sénégal en tant que partenaire stratégique dans la région et réitéré son soutien dans les discussions en cours avec l’Union européenne.
Pour appuyer cette gouvernance, le Sénégal mise sur le numérique. Grâce à l’accompagnement de la Banque mondiale via le projet Senrm, le ministère déploie une plateforme moderne dédiée à la traçabilité et à la digitalisation des certificats de capture. Devant ses interlocuteurs, Mme Dièye a insisté sur l’importance d’un transfert de compétences durable, demandant une assistance technique renforcée, la formation des agents et le partage d’expertise statistique avec l’Espagne.
Autre priorité majeure du voyage : la consolidation de la chaîne du froid. Pour garantir la qualité des captures, réduire les pertes post-capture et alimenter la transformation locale créatrice d’emplois, la ministre a plaidé pour un accompagnement espagnol ciblé dans le cadre du «Programme Froid», sollicitant un appui logistique et financier en camions frigorifiques. L’Espagne s’est dite prête à explorer de nouvelles opportunités d’investissements directes dans les infrastructures de conservation et les technologies de traçabilité. Un signal fort pour le secteur halieutique sénégalais, bien décidé à concilier préservation des écosystèmes et compétitivité internationale.
