La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva appelle les économies avancées à restaurer « d’urgence » leur discipline budgétaire face à la hausse des coûts d’emprunt
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a estimé mercredi qu’il faudrait du temps à la France pour ramener sa dette et son déficit à des niveaux susceptibles de rétablir pleinement la confiance de la population et des investisseurs.
« La France cherche actuellement à adopter un budget qui placerait son déficit et sa dette sur une trajectoire descendante », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse en marge de l’assemblée annuelle du FMI à Bangkok.
« Il faudra toutefois du temps pour les ramener à des niveaux susceptibles d’inspirer confiance, une entière confiance, tant à la population qu’aux investisseurs », a-t-elle averti.
Ces déclarations interviennent au lendemain du début de l’examen du projet de budget pour 2027 à l’Assemblée nationale. Le gouvernement vise un déficit de 5 % du produit intérieur brut l’an prochain, mais l’adoption du texte demeure incertaine en l’absence de majorité et à l’approche de l’élection présidentielle.
Un appel à restaurer les marges budgétaires
Au-delà du cas français, Kristalina Georgieva a appelé les gouvernements des économies avancées à restaurer « d’urgence » leur discipline budgétaire, alors que les rendements de leurs obligations augmentent.
Elle a regretté que de nombreux pays n’aient pas profité de la reprise après la pandémie pour reconstituer leurs marges de manœuvre, chaque nouveau choc ayant accru leur endettement.
« Il faut réparer d’urgence les fondations budgétaires avant que les fissures ne s’élargissent. Le moment est venu d’accroître les recettes, de rationaliser les dépenses, d’améliorer la gestion des finances publiques », a-t-elle souligné.
Des répercussions sur les pays en développement
La cheffe du FMI a également averti que la hausse des taux de référence renchérissait le service de la dette des économies émergentes et des pays à faible revenu.
Cette pression financière aggrave, selon elle, les difficultés des pays déjà fragilisés par les conflits, les prix de l’énergie ou les effets du phénomène climatique El Niño sur la sécurité alimentaire.
