À l’Assemblée nationale, le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes engage une offensive législative sur le terrain électoral. Le 2 avril 2026, ses députés ont déposé une proposition de loi visant à modifier des dispositions jugées sensibles du Code électoral, en particulier les articles L.29 et L.30.
Cette initiative intervient dans un contexte judiciaire encore incertain pour leur leader, Ousmane Sonko, alors qu’une requête en révision reste pendante devant la Cour suprême dans l’affaire de diffamation l’opposant à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang. Selon des informations relayées par la presse, la majorité parlementaire entend ainsi anticiper d’éventuelles conséquences politiques de ce dossier.
Le texte, adressé au président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, par le président du groupe parlementaire, Mohamed Ayib Salim Daffé, propose de revoir la loi n°2021-35 du 23 juillet 2021 portant Code électoral, déjà amendée à plusieurs reprises.
Au cœur de la réforme figure la suppression des mécanismes de radiation automatique des listes électorales visant certains citoyens condamnés. Les initiateurs du projet estiment que ces dispositions sont trop restrictives, en ce qu’elles écartent des électeurs sans qu’une décision judiciaire explicite ne statue sur leur inéligibilité. Ils plaident ainsi pour un principe clair : seul le juge devrait être habilité à priver un citoyen de ses droits civiques.
Portée par un collectif de députés, dont Ismaïla Wone, Abass Fall, Fatou Ba, Saliou Ndione et Mohamed Ayib Salim Daffé, cette proposition de loi s’inscrit dans une stratégie politique assumée. Ses promoteurs affichent en effet leur volonté de lever tout obstacle juridique susceptible d’entraver une éventuelle candidature d’Ousmane Sonko lors de prochaines échéances électorales.
