Le tribunal a condamné ce lundi El Hadji Pape Abdoulaye Seck, consultant et fils de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, à deux mois de prison ferme pour détention d’images contraires aux bonnes mœurs. Il a été relaxé du chef d’obtention d’avantages indus, mais reconnu coupable dans une affaire l’opposant à Dame Amar.
Le tribunal a statué ce lundi dans l’affaire opposant El Hadji Pape Abdoulaye Seck, consultant de son état et fils de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, à Dame Amar. Le prévenu était poursuivi pour tentative d’extorsion de fonds, détention d’images contraires aux bonnes mœurs et obtention d’avantages indus. Selon les éléments présentés à l’audience, la partie civile reproche au prévenu d’avoir filmé, en août 2025, des scènes dans une chambre d’hôtel impliquant des femmes nues.
Elle l’accuse également d’avoir utilisé sa carte bancaire pour effectuer des retraits estimés à 10 millions de FCFA. Des accusations formellement contestées par le mis en cause. À la barre, Abdoulaye Seck a rejeté les faits qui lui sont reprochés. « Apparemment, il a porté plainte pour des faits complètement faux », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « La fille m’a envoyé la vidéo et je la lui ai partagée à titre préventif pour tentative d’escroquerie par les filles qui sont dans la vidéo. » Le juge est ensuite revenu sur un message attribué au prévenu : « T’as deux minutes pour descendre ou ta vidéo va faire le tour du monde. » Une formulation que l’intéressé a contestée dans son interprétation, expliquant : « C’était à titre préventif. Parce que j’étais avec la fille Sabrina en bas de l’hôtel, qui faisait partie du groupe des cinq filles qui sont dans la vidéo. Elles voulaient être payées parce qu’elles n’avaient plus accès à Monsieur Amar. » Le procureur a, pour sa part, qualifié ces échanges de menaces. « C’étaient des menaces », a-t-il soutenu.
Une lecture rejetée par le prévenu : « Non, c’était notre langage », a-t-il rétorqué, niant également tout retrait d’argent sur le compte de la partie civile. « Je n’ai jamais eu sa carte. Je ne suis pas ami avec Dame Amar », a-t-il affirmé. Absent à l’audience, Dame Amar était représenté par son avocat, Me Adnan Yahya. Ce dernier a soutenu l’existence de relations de familiarité entre les deux parties et a réclamé 12 millions de FCFA de réparation pour préjudices. La défense s’est, elle, divisée entre plusieurs plaidoiries de relaxe, estimant les preuves insuffisantes. Le parquet avait requis une peine de deux ans de prison, dont trois mois ferme, estimant les faits constants. Mais les avocats de la défense ont contesté la solidité du dossier, évoquant notamment l’absence de preuves directes et des éléments de localisation. Au terme des débats, le tribunal a relaxé Abdoulaye Seck du chef d’obtention d’avantages indus. Il a toutefois été déclaré coupable de détention d’images contraires aux bonnes mœurs et condamné à deux mois de prison ferme, ainsi qu’à un million de FCFA de dommages et intérêts.
