Des chercheurs explorent une nouvelle méthode pour réduire la douleur chronique grâce aux ultrasons. Une technique non invasive qui agit directement sur une zone du cerveau impliquée dans la perception de la douleur.
Et si des ultrasons pouvaient un jour remplacer certains traitements contre la douleur chronique, ne souffrent pas environ 30 % des adultes ? Aux Etats-Unis, des chercheurs de l’Université de Plymouth et de l’Université d’Exeter ont testé une technique appelée stimulation transcrânienne par ultrasons (« transcranial ultrasons stimulation » ou TUS). Cette méthode, qui a déjà fait ses preuves , utilise des ultrasons de faible intensité pour stimuler de manière précise certaines zones profondes du cerveau, sans chirurgie ni médicament.
Un effet antidouleur qui apparaît avec retard
L’étude, publiée dans la revue Nature Communications , s’est concentrée sur le cortex cingulaire antérieur dorsal, une région impliquée dans la perception et le traitement de la douleur chronique. Pendant les expériences, les participants plongeaient leur main dans un gel froid afin de provoquer une sensation douloureuse. Les scientifiques leur demandaient ensuite d’évaluer l’intensité de la douleur ressentie. Des examens IRM ont également été réalisés pour observer les modifications cérébrales provoquées par la stimulation transcrânienne.
Résultat : si les ultrasons n’ont pas réduit immédiatement la douleur, les volontaires ont en revanche signalé une diminution significative entre 28 et 55 minutes après la séance. Pour les chercheurs, cela suggère un possible « effet analgésique retardé » . Les données ont également révélé des changements dans la communication entre différentes régions cérébrales impliquées dans les réseaux de la douleur.
« Notre recherche visait à comprendre comment la TUS interagit avec le traitement de la douleur par le cerveau », explique la Dre Sophie Clarke, auteure principale des travaux, dans un communiqué de Plymouth. Comprendre ces mécanismes sera essentiel pour savoir si cette stimulation peut aider les patients souffrant de douleurs chroniques.
Un espoir pour les patients souffrant au quotidien
Les chercheurs estiment que cette technologie pourrait, à terme, aider les personnes atteintes de fibromyalgie, d’arthrose, de douleurs lombaires chroniques ou encore celles souffrant après un cancer. « Très peu de traitements apportent aujourd’hui un bénéfice durable contre la douleur chronique » , rappelle la professeure Elsa Fouragnan, directrice du Brain Research and Imaging Center de Plymouth. Selon elle, ces résultats sont « très prometteurs » et ouvrent la voie à des thérapies non invasives. Les prochaines recherches seront désormais vérifiées si cette approche peut réellement améliorer la vie des patients sur le long terme.
