La société espagnole titulaire du contrat d’acquisition d’équipements et de construction de cent vingt entrepôts conteste les affirmations du ministre prononcées sur la TFM. Elle qualifie ses déclarations de mensongères et exige un démenti public.
La société espagnole Intermaq 2012 S.L. monte au créneau contre le ministre de l’Agriculture Mabouba Diagne. Dans un communiqué de presse parvenu à notre rédaction, l’entreprise dément formellement les propos tenus par le ministre lors d’une émission diffusée sur la chaîne TFM concernant l’exécution du marché T0520/22 signé en mars 2022.
Ce contrat porte sur l’acquisition d’équipements agricoles et la construction de cent vingt entrepôts de stockage pour le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Élevage. Intermaq qualifie les déclarations ministérielles de mensongères, infondées et gravement préjudiciables.
Le différend porte notamment sur les montants en jeu. Selon le communiqué, le ministre aurait affirmé sur les ondes que la société aurait été payée à hauteur de soixante-cinq milliards de francs CFA pour des livraisons d’équipements de dix-sept milliards seulement. Intermaq conteste radicalement ces chiffres et avance ses propres données.
L’entreprise affirme avoir facturé au total cinquante-deux millions d’euros et effectivement perçu quarante-deux millions d’euros. Un solde de près de dix millions d’euros resterait dû par le ministère, affirme la société dans son communiqué. Ce montant correspondrait à une facture impayée depuis décembre 2024 ainsi qu’à un reliquat retenu sur les équipements déjà expédiés et livrés.
Correspondances sans réponse
Intermaq déclare n’avoir jamais reçu de réponse formelle aux multiples correspondances adressées au ministère depuis juin 2024. Le communiqué liste neuf lettres envoyées entre juillet 2024 et février 2026, dont une saisine du président de la République en février dernier sur les difficultés d’exécution du marché.
La seule correspondance reçue du ministre daterait de septembre 2025, dans laquelle il sollicitait une réduction de quarante pour cent des prix des infrastructures de stockage et de cinquante pour cent des coûts de l’atelier et des pièces de rechange, selon le document. Une demande que la société juge en violation du Code des Marchés Publics sénégalais.
Malgré cela, Intermaq affirme avoir consenti une remise exceptionnelle de plus de dix pour cent sur les prix des infrastructures, représentant un effort financier supérieur à 1,8 million d’euros, soit environ 1,18 milliard de francs CFA. Cette remise aurait été notifiée au ministre en septembre puis confirmée en décembre 2025.
Le communiqué évoque également la question des équipements bloqués au Port Autonome de Dakar. Le ministre aurait annoncé publiquement son intention de réquisitionner ces équipements pour en faire bénéficier les agriculteurs. Intermaq conteste cette présentation et affirme que le blocage résulte de l’incapacité du ministère à délivrer les titres d’exonération douanière prévus dans le contrat.
Face à cette situation, la société dit avoir supporté sur ses propres deniers plus de quatre cent cinquante millions de francs CFA de frais de surestaries et de magasinage. Elle aurait dû négocier une dérogation auprès de l’administration douanière pour sortir les équipements sous régime d’Admissions Temporaires Exceptionnelles. Sur vingt-et-un conteneurs expédiés, dix-sept auraient pu être livrés sur le site d’assemblage.
Menaces de recours juridiques
L’entreprise considère que toute réquisition de ces équipements serait contraire au droit et exposerait l’État du Sénégal à des conséquences juridiques et financières considérables, tant au plan national qu’international. Les équipements demeureraient juridiquement sa propriété jusqu’à la levée des formalités douanières et au paiement intégral, affirme le communiqué.
Intermaq exige un démenti public immédiat du ministre dans les mêmes conditions de diffusion que les déclarations initiales. La société invite également le ministère à honorer ses obligations contractuelles : régularisation de l’avenant signé en mai 2025, délivrance des titres d’exonération, mise à disposition des sites pour la construction des entrepôts et règlement de la facture impayée.
Le volet fourniture d’équipements agricoles du marché serait exécuté à hauteur de soixante-dix pour cent, selon le communiqué. L’entreprise affirme que ce taux aurait atteint cent pour cent sans les manquements du ministère à ses propres obligations contractuelles.
Intermaq se réserve le droit d’engager toutes les voies de recours juridiques disponibles, au Sénégal comme en Espagne, pour défendre son honneur, sa réputation commerciale et l’ensemble de ses droits contractuels et financiers. Le communiqué est signé par l’administrateur général Fernando Marco Blanco.
