Plus de trois ans après les faits, la Chambre criminelle de Thiès examine ce lundi 8 juin l’affaire du meurtre de Bassirou Mbaye, muezzin du village de Ndièye, situé près de Pire. Le drame, survenu le 4 octobre 2022, trouve son origine dans un violent différend lié à la construction d’une nouvelle mosquée, selon les informations rapportées par L’Observateur.
Ancien muezzin et trésorier de la grande mosquée du village, Bassirou Mbaye avait décidé de prier à domicile et d’ériger son propre lieu de culte en face de sa maison, à la suite de tensions persistantes avec certains notables. D’après plusieurs témoignages recueillis durant l’enquête, des actes de sabotage auraient même visé les équipements de sonorisation de la mosquée afin d’entraver l’appel à la prière.
Malgré une autorisation de construire délivrée par la commune de Pire, son projet avait suscité une forte opposition au sein d’une partie des habitants. Les tensions ont dégénéré lorsqu’une expédition punitive a été menée sur le chantier par des villageois armés notamment de cisailles, de pelles et d’autres objets.
Pris à partie et violemment agressé, Bassirou Mbaye a reçu des coups qui lui ont été fatals. Grièvement blessé, il a tenté de rejoindre son domicile avant de s’effondrer dans la cour d’une maison voisine, où il a succombé à ses blessures. Son fils, venu à son secours, avait également été blessé lors de l’attaque.
L’enquête a conduit à l’arrestation de douze notables du village, parmi lesquels l’imam, deux de ses frères, ainsi que le porte-parole du chef de village et son fils. Après plus de trois ans de détention préventive, onze accusés comparaissent désormais devant la justice.
Le douzième mis en cause, A. Ndiaye, est décédé en détention le 14 septembre 2023 des suites d’une maladie. Son fils, Ab. Ndiaye, également cité dans le dossier et en fuite au moment des faits, est décédé par noyade au Mali en mai 2023, précise la même source.
