Les rideaux sont tombés sur la première édition des Assises de la médiation et de l’éducation financières organisée les 4 et 5 juin 2026 par l’Obser­vatoire de la qualité des services financiers (Oqsf). Et après deux jours de réflexions et d’échanges, plusieurs recommandations ont été formulées, parmi lesquelles la reprise des travaux du Comité national de médiation de conciliation (Cnmc).
Placé sous l’autorité du ministère de la Justice, le Cnmc a été installé depuis 2023 afin de réguler et promouvoir les Modes alternatifs de règlement des différends (Mard). Il a pour mission de garantir le respect des règles du dispositif national d’exercice de la médiation à travers les structures publi­ques, notamment les tribunaux, les maisons de Justice, l’Observatoire de la qualité des services financiers, et privées comme le Centre de médiation et d’arbitrage de la Chambre de commerce de Dakar.
Elle avait commencé à fonctionner mais, déplore Malick Lamotte, le Cnmc ne fonctionne plus depuis belle lurette. Le magistrat modérait hier un des panels du deuxième jour des Assises de la médiation et de l’éducation financières axé sur le thème : «Comment désengorger durablement les tribunaux.»
Pour rappel, le Sénégal s’est doté d’un écosystème favorable au règlement rapide et à l’amiable des litiges commerciaux. Et cela se manifeste par la mise en place de différentes structures comme le Tribunal de commerce de Dakar (Tcd) créé en 2017, les maisons de Justice, l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf).
Depuis sa création en 2009, l’Oqsf a traité, selon le coordonnateur des Assises de la médiation et de l’éducation financières, «4360 dossiers de médiation, obtenu un taux de réussite de 90 à 94% selon les secteurs, et fait économiser plus de 7, 7 milliards de francs Cfa en litige aux citoyens sénégalais. En 2025, 475 nouveaux dossiers litigieux ont été traités contre 379 en 2024, soit une hausse de près de 25%. Sur ces 475 dossiers, 357 dossiers concernent les banques, la microfinance, les établissements financiers et La Poste. Les 118 autres dossiers sont liés au secteur des assurances, contre 71 en 2024, soit une hausse de 66%».
S’agissant de la contribution des maisons de Justice dans le système de médiation, le magistrat Babacar Ngom a fait état de plus d’1, 138 million d’usagers reçus de 2006 à 2024. Elles ont informé plus de 261 mille citoyens sur leurs droits, et traité 224 mille dossiers de médiation, avec un taux global de réussite qui avoisine les 75%. En ce qui concerne les réclamations relatives aux créances, elles ont aidé à recouvrer les créances d’un montant de près de 5 milliards de francs Cfa, de 2010 à 2024. Durant l’année 2024, les montants à recouvrer sur la base des saisines étaient de plus d’1 milliard de francs Cfa ; elles ont pu recouvrer plus de 618 millions de francs Cfa, soit un taux de recouvrement de 55, 41%. Pour 2025, les montants à recouvrer sont estimés à plus d’1, 4 milliard de francs Cfa. Montant recouvré, plus de 694 millions de francs Cfa, pour un taux de mouvement de 44%.
«Les tendances sont très bonnes. Les statistiques sont caractérisées par une augmentation constante du nombre de saisines, une expansion territoriale continue… L’analyse démographique révèle une audience croissante et de plus en plus féminisée des bénéficiaires», souligne le magistrat Ngom. Il informe que le Sénégal compte aujourd’hui 33 maisons de Justice.

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