Récemment porté à la tête du ministère de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, Alpha Thiam est allé à la rencontre des forces vives de son secteur. C’est dans ce cadre que l’Association des écrivains du Sénégal (Aes) l’a reçu hier à son siège. Malgré un retard de deux heures sur l’horaire initial, le nouveau ministre a tenu à marquer le coup en lançant un vibrant plaidoyer pour une synergie d’actions. «C’est en conjuguant la culture et l’artisanat que nous arriverons à faire revivre le tourisme. Nous avons ce vrai challenge à porter collectivement», a-t-il souligné devant Abdoulaye Fodé Ndione, président de l’Aes, et ses membres.
Au-delà du symbole, Alpha Thiam a réaffirmé sa volonté de faire de la finalisation des Etats généraux de la culture, de l’artisanat et du tourisme l’une des priorités majeures de son département. Le ministre a également profité de l’occasion pour rendre un hommage appuyé à feu Alioune Badara Bèye, figure majeure du paysage culturel sénégalais, affirmant que son œuvre continuera d’inspirer les générations futures et de faire vibrer l’esprit de Keur Birago.
Pour le ministre, l’heure est désormais à l’action. Il a précisé être venu avant tout pour écouter, recueillir les doléances et identifier les priorités des acteurs du livre. Ces contributions nourriront une feuille de route commune. «Notre démarche sera fondée sur l’écoute, puis sur la co-construction», a-t-il assuré, promettant un traitement équitable à l’ensemble des sous-secteurs sous sa tutelle.
Deux ans sans subventions : le cri du cœur de l’Aes
Une posture d’ouverture grandement saluée par Abdoulaye Fodé Ndione. Le président de l’Aes s’est dit honoré par cette démarche, d’autant plus qu’elle est venue de l’initiative propre du ministre. Cette première prise de contact a permis à l’association de rappeler son histoire, elle qui se considère comme une institution héritée de l’époque du Président Léopold Sédar Senghor.
Cependant, la réalité du terrain a vite rattrapé les échanges. Les discussions ont mis en lumière les urgences étouffant la structure, au premier rang desquelles l’absence de subventions étatiques depuis plus de deux ans. Abdoulaye Fodé Ndione a confié que plusieurs démarches menées auprès de la Présidence et de la Primature étaient restées infructueuses. Le dossier est désormais entre les mains du nouveau ministre, invité à plaider leur cause auprès des autorités compétentes.
Malgré la crise financière qui frappe l’institution, le président de l’Aes affiche un optimisme prudent, convaincu que le discours de méthode et d’écoute de Alpha Thiam laisse espérer des jours meilleurs pour le monde des lettres.
