Dans sa campagne pour le Secrétariat général des Nations unies, l’ancien Président du Sénégal engrange des succès même au pays, même de la part des personnes qui ne souhaitent pas le voir occuper ce siège. Il leur a suffi de reconnaître leurs contrevérités quant à sa gestion, pour changer les choses.

Même sans avoir à se prononcer sur les attaques contre sa personne et sa gestion, l’ancien Président du Sénégal récolte des points, au pays et à l’international. Il lui suffit de laisser ses ennemis travailler pour lui. Comme des apprentis-sorciers qui crachent leurs complots et manigances, les initiateurs de la théorie de la dette dite «cachée» commencent à recracher leurs «vérités». On a commencé avec le président de l’Assemblée nationale qui, le premier, avait lancé cette anomalie, dans ses habits de Premier ministre. Mais devant des représentants de médias français, celui qui, lors de son «tera meeting» du Stade Léopold Sédar Senghor menaçait de poursuite ceux qui remettraient en cause ladite dette cachée, n’a pas hésité à dire qu’il ne disposait pas de tous les leviers pour parler de la dette cachée, et surtout pour prendre des mesures à ce sujet.
Mieux encore, le vérificateur de la Cour des comptes, qui le long des douze années avait validé les chiffres de la gestion de Macky Sall, avait approuvé les déclarations du nouveau pouvoir. Mais aujourd’hui, dans un média local, il dément avoir jamais donné son estampille à ce terme. Ces revirements ne sont pas négligeables pour le régime de Macky Sall.
Il ne faut pas oublier qu’après s’être souvent égosillé pour contester cette affaire de dette cachée, l’ancien chef de l’Etat avait engagé un avocat français de renommée internationale, M. Pierre-Olivier Sur, pour venir à Dakar demander aux pouvoirs publics de mettre à sa disposition les documents attestant de cette «dette cachée». La robe noire française a tenu des points de presse et cherché à rencontrer les autorités de l’Etat. Cela ne l’avait pas empêché de retourner les mains vides dans son cabinet parisien. Mais il avait cloué le bec à ceux qui avaient pensé que Macky Sall allait faire le dos rond.
Il faut dire que les enjeux sont trop importants pour le chef de l’Etat sortant. Tout son bilan matériel était menacé. Macky Sall a gouverné le Sénégal pendant douze ans avec, pour feuille de route, le Plan Sénégal émergent, programme de réformes structurelles censé porter le pays vers l’émergence à l’horizon 2035. Sous son magistère, la croissance moyenne du pays est passée d’environ 2, 9% par an entre 2005 et 2011 à plus de 5, 3% entre 2012 et 2023, portée par un effort d’investissement public sans précédent dans les infrastructures : autoroutes, nouvel Aéroport international Blaise-Diagne, Pôle urbain de Diamniadio, et surtout le Train express régional, mis en service en janvier 2022 entre Dakar et Diamniadio. Le secteur de l’énergie a également été transformé par l’entrée en production du champ pétrolier de Sangomar et du champ gazier de Grande Tortue Ahmeyim, qui ont permis au Sénégal de rejoindre, en mars 2024, le Forum des pays exportateurs de gaz, aux côtés des plus grandes puissances gazières mondiales.
Il y a aussi et surtout que Macky Sall est un sérieux candidat à la succession de Antonio Guterres comme Secrétaire général de l’Onu. Même si sa gestion des affaires sénégalaises n’est pas ce qui va le plus peser sur la balance des grands électeurs, il ne faudrait tout de même pas qu’il puisse lui être fait grief d’une incapacité à gérer les fonds d’un pays. Et Bassirou Diomaye Faye, qui n’a jamais voulu soutenir cette candidature de manière officielle, ne devait pas laisser se perpétuer ces bruits. On pourrait croire que c’est peut-être parce qu’il préparait une sortie à ce sujet que son ancien compère, devenu rival latent, a voulu lui couper l’herbe sous le pied en crachant le morceau en premier.
Quelle que puisse en être la raison, on ne peut que constater que les nouvelles déclarations que font les acteurs de ce méli-mélo indigne ne pourraient que servir l’ancien Président, en rehaussant son prestige. Et même s’il ne passait pas aux Nations unies, sa réputation au pays ne pourrait qu’en sortir fortement grandie.

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