Le verdict est sans appel. Par sa décision n°6/C/2026 du 9 juillet 2026, le Conseil constitutionnel a déclaré contraire à la Constitution la loi de révision constitutionnelle n°18/2026 portée par la majorité parlementaire de Pastef. Présentée comme une réforme majeure, celle-ci s’est finalement heurtée à la censure du juge constitutionnel, qui rappelle avec force que nul, pas même une majorité issue des urnes, ne peut s’affranchir des exigences de la Constitution.
En ma qualité de Délégué national à la vie politique de Gueum sa bopp/Les Jambaars, je salue cette décision qui réaffirme un principe fondamental : un Etat se gouverne par le Droit, la compétence et le respect des institutions, jamais par l’improvisation.
Le Conseil constitutionnel sanctionne d’abord une faute de méthode. En instituant un organe unique de gestion des élections et en restructurant la Cour constitutionnelle sans prévoir les ressources nécessaires à leur financement, le législateur a méconnu les exigences de l’article 82 de la Constitution. Cette omission, loin d’être une simple irrégularité technique, traduit une approche approximative de l’action publique, alors que la sincérité budgétaire constitue un principe essentiel de bonne gouvernance.
La décision met également en lumière des insuffisances procédurales qui rappellent que les règles encadrant le travail parlementaire ne sont pas de simples formalités, mais les garanties du pluralisme démocratique et de l’équilibre des pouvoirs. Une majorité parlementaire dispose de la force du nombre, non du pouvoir de s’affranchir de la Constitution.
Au-delà de la censure d’un texte, cette décision constitue un rappel à la réalité institutionnelle. Si Pastef revendique une rupture avec les pratiques du passé, celle-ci ne peut consister à relativiser les exigences constitutionnelles. La légitimité électorale autorise l’exercice du pouvoir, mais elle ne dispense jamais du respect de l’Etat de Droit.
Cette décision révèle enfin les limites d’une gouvernance où la précipitation semble parfois l’emporter sur la préparation, et où la communication tend à se substituer à la rigueur institutionnelle. Dans un contexte marqué par d’importants défis économiques et sociaux, le Sénégal a besoin d’un Etat solide, respectueux de ses règles et capable d’inspirer confiance.
C’est pourquoi Gueum sa bopp/Les Jambaars appelle l’ensemble des forces démocratiques et des citoyens attachés à l’Etat de Droit à demeurer vigilants afin de préserver des contre-pouvoirs indispensables au bon fonctionnement de notre République. Pour notre part, nous continuerons à défendre une gouvernance fondée sur la compétence, la transparence, la responsabilité et le respect scrupuleux de la Constitution, convaincus que l’alternance ne prend tout son sens que lorsqu’elle renforce durablement les institutions.
Moussa NIANG
Délégué national à la vie politique de Gueum Sa Bopp
Les Jambaars

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