Une ressortissante nigériane, identifiée comme I. Ehigie alias «Blessing», a été déférée au parquet de Kédougou pour association de malfaiteurs, traite de personnes, proxénétisme, blanchiment de capitaux et exploitation illégale d’un débit de boissons.
D’après Libération, qui donne l’information, l’arrestation de la mise en cause fait suite à un renseignement anonyme reçu le 26 juillet par les forces de l’ordre. Informée de l’existence d’un réseau d’exploitation sexuelle basé au village de Dialadakhoto (Kédougou), l’antenne locale de la Division Nationale de Lutte contre le Trafic de Migrants et Pratiques Assimilées (DNLT) a mené une descente à son domicile et au bar qu’elle exploitait. Cette opération a permis la libération de quatre jeunes Nigérianes, dont deux en état de grossesse, retenues dans des chambres attenantes à l’établissement.
Chantage mystique
Le journal confie que les victimes, convoyées depuis le Nigéria, étaient contraintes de se prostituer afin de rembourser chacune une prétendue «dette de voyage» fixée à 1,5 million de francs CFA. Pour garantir leur soumission et éviter toute fuite, glisse la même source, la suspecte les soumettait à leur arrivée à un rituel consistant à prélever leurs poils pubiens et d’aisselles, leurs ongles ainsi que des gouttes de sang. Les victimes devaient ensuite jurer de ne jamais la dénoncer «au risque d’être détruites». Ces prélèvements, gardés sous «scellés mystiques» dans des sachets, ne devaient leur être restitués qu’une fois la dette totalement apurée.
Poursuivant le récit de ce drame, Libération révèle que l’une des filles a subi un avortement forcé après que la tenancière lui a fait ingérer une substance liquide, tandis qu’une autre, enceinte de trois mois, continuait de se prostituer pour financer son billet retour au pays. Les sommes extorquées servaient notamment à blanchir l’argent en construisant «huit chambres attenantes au bar».
À la suite de l’opération, complète le quotidien d’information, la suspecte a été écrouée et les quatre jeunes filles ont été prises en charge par l’ONG «La Lumière».
