Nommé le 15 janvier 2025 à la tête de la Direction des Enquêtes douanières (DED), l’inspecteur des Douanes Ndiaga Soumaré a été relevé de ses fonctions le 29 juillet dernier. Il a été remplacé par l’inspecteur Abdourahmane Ba. Une décision qui, à en croire l’intéressé, était loin de le surprendre. Il affirme même l’avoir sollicitée à plusieurs reprises.
Dans une publication sur ses réseaux sociaux, l’ancien patron de la DED revient longuement sur son passage à la tête de cette direction et formule de sévères critiques à l’encontre de certaines décisions prises au sein de l’administration douanière.
« Je me réjouis d’une mesure qui m’enlève une épine du pied, puisque l’ayant réclamée à maintes reprises », écrit-il en préambule.
Ndiaga Soumaré évoque ensuite plusieurs mesures qu’il dit avoir contestées ou signalées aux autorités compétentes.
Parmi celles-ci, il cite notamment le remplacement des médecins douaniers par des médecins militaires. Une décision qu’il qualifie d’« arbitraire » et qu’il affirme avoir dénoncée.
L’ancien directeur revient également sur le cas de plusieurs agents de la Direction des Enquêtes douanières relevés de leurs fonctions. Selon lui, ces agents auraient été sanctionnés pour avoir exercé leurs missions de renseignement et d’enquête en tenue civile, une pratique qu’il présente comme habituelle dans ce type de fonctions.
« Quand ils ont relevé de leurs fonctions des agents de la Direction des Enquêtes douanières leur reprochant de travailler en tenue de ville du fait de leur mission de renseignement et d’enquête comme cela a été toujours de mise, j’ai avisé qui de droit », affirme-t-il.
Mais c’est surtout la création du Centre d’investigation et d’enquêtes sur les ressources et avoirs (CIERA) qui semble avoir suscité la réaction la plus virulente de l’ancien responsable.
Ndiaga Soumaré présente cette structure comme une entité parallèle à la DED et l’accuse d’avoir été mise en place pour « neutraliser » la direction qu’il dirigeait.
« Quand ils ont créé une structure parallèle à la Direction des Enquêtes Douanières, dénommée CIERA, chargée de neutraliser la DED afin de protéger certaines entreprises au détriment d’autres, j’ai alerté et saisi la justice », accuse-t-il.
Une déclaration particulièrement lourde, que l’ancien directeur ne développe pas davantage dans sa publication. Il entretient plutôt le suspense avec une formule sibylline : « Quand ils ont… À suivre. »
Malgré son départ de la DED, Ndiaga Soumaré assure ne nourrir aucune revendication personnelle. Il dit vouloir continuer à œuvrer pour l’intérêt général et se montre reconnaissant envers son pays.
« Je ne suis demandeur de rien et je ferai tout pour l’avancement du pays qui m’a tout donné », soutient-il.
Dans le même message, l’ancien patron de la DED adresse enfin une pique à peine voilée à l’encontre d’un responsable qu’il décrit comme « le sociologue des organisations reconverti en général d’armée ».
Une sortie qui intervient quelques jours après son départ de la Direction des Enquêtes douanières et qui pourrait relancer les interrogations sur les tensions et désaccords au sein de l’administration douanière.
