La région de Kaffrine fait face à une situation préoccupante en matière d’état civil. Avec un déficit de 42 % dans l’enregistrement des faits d’état civil, notamment les naissances, les mariages et les décès, la région se retrouve désormais dans la « zone rouge », selon le journaliste et spécialiste des questions d’état civil, Ibrahima Etia.
La révélation a été faite en marge d’un atelier de partage avec les professionnels des médias, organisé à Kaffrine. La rencontre porte notamment sur les enjeux liés à l’état civil au Sénégal, avec un accent particulier sur les difficultés rencontrées dans les régions du centre.
Face à la presse, Ibrahima Etia a invité les médias à s’impliquer davantage dans la sensibilisation des populations. Selon lui, les journalistes, animateurs et chroniqueurs disposent d’un important pouvoir de mobilisation pour contribuer à inverser cette tendance.
« La voix des hommes des médias porte plus », a-t-il souligné, appelant les professionnels de la presse à accompagner les autorités territoriales et locales dans la sensibilisation pour une déclaration systématique des naissances, des mariages et des décès.
Le spécialiste a également plaidé pour une meilleure organisation du système d’état civil au Sénégal. Il estime que les auxiliaires de l’état civil, notamment les chefs de village et les chefs de quartier, doivent davantage jouer leur rôle dans le processus d’enregistrement.
Pour Ibrahima Etia, l’éloignement de certains villages des chefs-lieux de commune ne devrait pas constituer un obstacle à la déclaration des faits d’état civil. « On nous parle de l’éloignement de certains villages du chef-lieu de commune, alors que le chef de village et le chef de quartier peuvent valablement recevoir les déclarations de naissance, de mariage et de décès », a-t-il fait remarquer.
Autre préoccupation soulevée : l’archivage des documents d’état civil. Le panéliste a appelé les autorités à construire des salles d’archives répondant aux normes afin de garantir une meilleure conservation des documents.
« C’est très rare de constater un respect scrupuleux de l’archivage dans certaines municipalités. Cela peut ainsi favoriser la perte de documents », a-t-il déploré, invitant les pouvoirs publics à mettre en place des centres d’état civil adéquats et sécurisés.
Pour rappel, 35 journalistes venus de Fatick, Kaolack, Diourbel, Dakar et Kaffrine prennent part à cet atelier de trois jours organisé dans la capitale du Ndoucoumane. La rencontre vise notamment à partager les stratégies à mettre en œuvre pour lutter contre le défaut de pièces d’état civil et renforcer la sensibilisation des populations sur l’importance de l’enregistrement des faits d’état civil.
