Que dit la loi sur les lanceurs d’alerte ? Un ministre peut-il se taire quand un Dg fait une transaction frauduleuse et contre les intérêts de son pays ? Si, en tant que ministre de tutelle, j’écris à un Dg sous mon autorité pour m’opposer à une opération que la loi ne permet pas et que ce Dg refuse d’obtempérer, ne dois-je pas interpeller le Pm ? Si ce dernier fait la sourde oreille ou semble se compromettre dans cette opération manifestement illégale, n’ai-je pas l’obligation de m’en référer à la Présidence ? Comment le ministre de tutelle peut-il être dépourvu de moyens de s’opposer à une telle opération ?
Le ministre a-t-il couvert le narratif mensonger sur la renégociation calmée bruyamment par l’ancien Pm ? Ou bien a-t-il consenti à créditer une version erronée sous la pression ? Comment l’ex-Pm pouvait ignorer le caractère frauduleux de cette transaction et pourquoi a-t-il cherché à tromper les Sénégalais en les baratinant avec cette légende urbaine de la renégociation ? S’il est établi que Sonko ignorait tout de cette opération, c’est d’une gravité extrême, car cela voudrait dire qu’il y a un Etat dans l’Etat, une organisation informelle au sein même du gouvernement. S’il était au courant et que non seulement il n’a rien fait, mais a perverti les faits pour un narratif mensonger, il est à la fois coupable de complicité et de parjure.
I. Des dates et des faits pour ne pas être manipulés
1. Le 23 avril 2026, l’ancien Pm, Ousmane Sonko, annonce, avec grandiloquence, la signature d’un accord de retrait conjoint de Kosmos Energy et de Petrosen de la licence portant sur le bloc gazier de Cayar, connu sous le nom de Yakaar-Teranga.
2. Le limogeage du gouvernement Sonko a eu lieu le 22 mai 2026.
Le Pm actuel fait état d’une lettre du ministre sortant le 1er juin 2026.
3. La passation de services de Birame Soulèye s’est tenue le 11 juin à 16 heures.
4. Dans sa réponse à Alhaminou Lô, le Dg sortant conteste les déclarations de ce dernier : mais quelle sont donc la valeur et la motivation de la lettre du ministre sortant ? Le Dg et le ministre ont-ils eu une différence de lecture des articles 19 à 22, mais aussi et surtout l’article 25 du Code pétrolier sénégalais ? Cette différence a-t-elle donné lieu à un différend ? Au cas échéant, qui devrait arbitrer ?
Cette chronologie des faits prouve qu’on ne dit pas la vérité aux Sénégalais et qu’il n’y a qu’une seule certitude : Sonko a menti aux Sénégalais en annonçant une renégociation qui serait profitable au Sénégal ! Un vrai parjure. Cette histoire de renégociation (c’était un mensonge) est extrêmement grave. La Société civile, les pétitionnaires spécialisés, la presse doivent exercer leur devoir citoyen de contrôle. Dans cette affaire, il y a soit corruption, soit corruption. Comment un Dg peut-il rompre ce contrat de concession sans l’assentiment de ses supérieurs hiérarchiques ? Et à quelle fin ? Pourquoi cette précipitation ?
1. Si on a rompu le contrat avant échéance alors que le Sénégal aurait pu (si le contrat était arrivé à échéance) être dédommagé par l’entreprise, c’est un service rendu à cette dernière. A quelle fin ? Moyennant quoi ? Comment peut-on marquer de la sorte un but contre son camp en toute bonne conscience ?
2. Si c’était juste pour faire de la gesticulation pour appâter des militants ignorants que l’on cherche à davantage abrutir, c’est encore plus grave, car c’est mettre son égo au-dessus des intérêts du pays. Un homme d’Etat capable de faire ça à son pays est un criminel que personne ni rien ne peut épargner.
3. Le député extravagant, GMS, un imposteur de premier ordre, devrait s’intéresser à cette question au lieu de nous baratiner sur la dette qui n’est pas une infraction. L’activisme populiste a ceci de fâcheux qu’il met l’accessoire au-dessus de l’essentiel. On a confié ce pays à des amateurs doublés d’affamés de gloire et de richesses. Ils parlent beaucoup, s’agitent bruyamment tout le temps, avec peu ou pas de résultat.
Mobilisons-nous pour que lumière soit faite sur ce dossier scandaleux.
Alassane K. KITANE
