Le ministre de l’Énergie, El Hadji Abdourahmane Diouf, a affirmé que des entreprises comme BP, Kosmos et Woodside demeurent des « partenaires stratégiques » ayant joué un rôle décisif dans les récentes découvertes et la production de gaz au Sénégal, selon une interview écrite accordée à Reuters et publiée le 17 septembre 2026 par la journaliste Anait Miridzhanian. Une position qui tranche nettement avec celle défendue quelques mois plus tôt par Ousmane Sonko, alors Premier ministre, qui avait publiquement critiqué en mars le contrat liant l’État à BP sur le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim, jugé défavorable, avant d’annoncer l’annulation de plusieurs licences d’exploration.

Reuters rappelle que ce changement de ligne s’illustre également sur le dossier du champ gazier de Yakaar-Teranga, opéré jusqu’alors par l’américain Kosmos. Le gouvernement de Sonko avait brièvement envisagé sa nationalisation l’année précédente, avant que la société pétrolière nationale Petrosen n’en obtienne finalement la licence en avril. Loin de refermer la porte aux investisseurs étrangers, le ministre Diouf qualifie aujourd’hui ce projet de « clé » pour le pays, précisant que son gaz sera à la fois vendu sur le marché national et exporté, et réaffirmant que le Sénégal reste « ouvert à de nouveaux partenaires » pour en assurer le développement, sous réserve du respect des intérêts nationaux et des meilleures conditions techniques, économiques et commerciales.

Si le ton a changé sur l’accueil réservé aux compagnies étrangères, l’exécutif actuel revendique en revanche une continuité sur le volet de la gouvernance du secteur. Le ministre indique ainsi que les audits et révisions de contrats lancés sous l’ancien gouvernement se poursuivent, avec pour objectif de renforcer la transparence dans la gestion des ressources gazières, sans toutefois remettre en cause la présence des opérateurs internationaux critiqués quelques mois plus tôt.

Ce repositionnement intervient alors que le nouveau gouvernement, arrivé au pouvoir en juin, doit composer avec la flambée des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient, qui a alourdi le coût des subventions aux carburants importés. Reuters relève que Dakar mise désormais sur le développement accéléré du gaz domestique, associé à une réforme ciblée des subventions, pour tenter de réduire d’environ 30 % le coût de l’électricité, un objectif qui semble reposer, in fine, sur la poursuite plutôt que la rupture des partenariats avec les grandes compagnies gazières occidentales.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicite