Depuis trois ans, le comédien français souffrait de douleurs chroniques et invalidantes liées à la pose d’un implant pour le traitement d’une hernie.

Arnaud Denis a mis fin à ses souffrances. Le comédien français s’est fait euthanasier en Belgique le mardi 22 septembre. Depuis la pose d’un implant pour soigner une hernie, il souffrait de douleurs invalidantes. « Son corps ne le portait plus. Il en avait perdu la maîtrise, a confié son avocat Maître Philippe Courtois à l’AFPLe décès d’Arnaud Denis est une conséquence des douleurs intenses qu’il subissait depuis de nombreux mois. »

Comment une hernie inguinale a-t-elle conduit Arnaud Denis à des souffrances sans fin ?

Sur sa page Facebook, le comédien et le metteur en scène a laissé un dernier message, mardi. « J’en ai fini avec la maltraitance médicale, écrit-il. J’ai déjà largement raconté mon histoire. 3 ans interminables d’altération de l’état général depuis une chirurgie de hernie en 2023. » À ce moment-là, les médecins détectent une hernie inguinale : une grosseur au niveau de l’aine, provoquée par la sortie d’une partie du contenu de l’abdomen par un orifice. Arnaud Denis subit alors une opération chirurgicale à Paris pour qu’on lui pose une prothèse en polypropylène afin de traiter l’hernie. C’est alors le début d’un long tunnel de souffrances. Douleurs, nausées, acouphènes, troubles de la vision, fatigue : de nombreux symptômes apparaissent au fil des jours. Trois mois après la pose de l’implant, le comédien a perdu 17 kilos. Sur sa dernière publication Facebook, il raconte l’errance médicale qui a suivi. « Je ne remercie pas l’APHP de m’avoir abandonné a mes souffrances multiples et dégradantes pendant trois ans d’altération continue de mon état général, malgré mes efforts, dénonçait-il. (…) Je salue de tout cœur mon médecin traitant, qui est le seul à avoir essayé de remuer ciel et terre, en vain. (…) Je ne remercie pas les neurologues d’avoir refusé, à de multiples reprises, une biopsie musculaire, alors que je ne pouvais plus marcher ou tenir mon dos, mon cou et mes hanches. (…) Je me suis rendu 12 fois aux urgences en un an. » 

Une encéphalomyélite myalgique liée à l’implant anti-hernie 

En avril 2024, Arnaud Denis se rend aux États-Unis pour faire retirer son implant, après qu’un chirurgien digestif ait évoqué une potentielle intolérance au matériau utilisé dans la prothèse. Malgré ça, son état de santé a continué de se dégrader. Il aurait été alors diagnostiqué d’un syndrome dit ASIA, pour Autoimmune/Autoinflammatory Syndrome Induced by Adjuvants : il est caractérisé par différents dysfonctionnements immunologiques consécutifs à l’exposition à un adjuvant, comme une prothèse. Il peut déclencher différents symptômes dont une fatigue chronique, une faiblesse musculaire ou encore un amaigrissement. Pour Arnaud Denis, il s’est accompagné d’une encéphalomyélite myalgique, aussi appelé syndrome de fatigue chronique. En janvier dernier, il s’est confié sur les conséquences sur sa vie. « Je ne peux plus sortir de chez moi. Je n’ai plus de vie sociale. Je n’ai plus de vie du tout. Je n’ai plus rien de ce qui constitue la dignité d’un homme, déclarait-il à l’Est républicainEt c’est de pire en pire. (…) Les médecins n’ont plus rien à me proposer. » Il avait alors décidé de mettre fin à ses douleurs en demandant une euthanasie en Belgique. 

Prothèse anti-hernie : un combat judiciaire et des signalements en masse pour faire reconnaître les effets indésirables 

Après son décès mardi, son avocat a annoncé poursuivre son combat pour faire reconnaître ses souffrances. Sur Facebook, Arnaud Denis avait créé un groupe Victimes Françaises de prothèses de hernie pour dénoncer « les abus exercés sur les patients Français, par le biais de la pose de prothèses en polypropylène pour la chirurgie de la hernie ». La page rassemble plus de 7.000 membres. 

« Il m’a chargé de poursuivre personnellement son action et de soutenir sa famille », a déclaré Me Philippe Courtois. En janvier 2026, le comédien avait porté plainte contre X pour blessures involontaires, classée sans suite depuis. Une décision déjà contestée par son avocat. Selon Ouest-France, un autre avocat, Pierre Debuisson, travaille sur une action collective avec un groupe de patients victimes d’effets indésirables suite à la pose d’une prothèse après une hernie. Lundi 21 septembre, il a indiqué à Radio France que 216 signalements pour effets indésirables ont été transmis à l’Agence de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). « Nous avons recueilli une cinquantaine d’autres signalements afin de déposer une autre salve de formulaires dans quelques semaines », complétait-il.

Dans un communiqué paru en mai dernier, l’ANSM expliquait mettre en place une « surveillance renforcée » suite à différents signalements, une trentaine par an depuis 2020. « Le nombre de signalements reste faible au regard du volume de dispositifs utilisés, conclut l’ANSM. Cependant, leur gravité et leur impact sur la qualité de vie des patients nécessitent une attention particulière et la poursuite des actions à tous les niveaux du parcours de soin. »

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